Un pétrolier suspect de la “flotte fantôme” russe escorté jusqu’à Marseille
Le Deyna, un pétrolier soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, est arrivé lundi matin au large du port de Marseille-Fos, où il a été placé à la disposition de la justice française, selon des constatations de l’AFP.
Ce navire de 250 mètres, battant pavillon mozambicain et en provenance de Mourmansk, avait été intercepté vendredi en Méditerranée occidentale par la Marine nationale, au sud des Baléares. Il a ensuite été dérouté vers le sud de la France, où se trouve l’un des principaux terminaux pétroliers du pays.
Dans un communiqué conjoint, la préfecture des Bouches-du-Rhône et la préfecture maritime de la Méditerranée ont indiqué que le navire serait maintenu au mouillage « à disposition du procureur de la République de Marseille » dans le cadre d’une enquête préliminaire. Des zones d’exclusion aérienne et maritime ont été instaurées autour du bâtiment.
Le pétrolier, initialement escorté par un navire militaire, est désormais surveillé par la gendarmerie maritime. Selon des images diffusées par l’armée, des militaires français avaient été héliportés à bord vendredi afin d’en prendre le contrôle. L’opération visait à vérifier la régularité de son pavillon, suspecté d’être falsifié.
L’intervention s’inscrit dans une coopération avec plusieurs alliés, dont le Royaume-Uni, qui a participé au suivi du navire.
Une stratégie de contournement des sanctions
Le Deyna est le troisième pétrolier suspecté d’appartenir à cette flotte parallèle intercepté par la France. Ces navires sont utilisés par Russie pour contourner les sanctions internationales liées à la guerre en Ukraine. Le président Emmanuel Macron avait affirmé que la France ne « laissera pas faire » ce type de financement jugé illégal.
Fin janvier, un autre pétrolier, le Grinch, avait été immobilisé pendant plusieurs semaines près de Marseille-Fos, avant de pouvoir repartir après le paiement d’une amende de plusieurs millions d’euros, dans le cadre d’une procédure négociée, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Quelques mois plus tôt, en septembre, le Boracay avait été arraisonné au large de la Bretagne alors qu’il naviguait sans pavillon, avant d’en arborer un faux du Bénin. Il avait été escorté jusqu’au port de Saint-Nazaire.
Dans ce dossier, le parquet de Brest a requis une peine d’un an de prison ferme et 150.000 euros d’amende contre le capitaine du navire, jugé pour son manque de coopération lors du contrôle. La décision est attendue le 30 mars.
Au total, près de 600 navires soupçonnés de participer à cette « flotte fantôme » font actuellement l’objet de sanctions de l’Union européenne.
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