La Bourse de Paris recule sous la pression des tensions au Moyen-Orient
La CAC 40 a de nouveau ouvert en baisse lundi, pénalisée par la flambée des prix du pétrole dans un contexte de guerre au Moyen-Orient. Les investisseurs redoutent une résurgence de l’inflation, tandis que les taux d’intérêt de la dette française atteignent des niveaux inédits depuis 2009.
Vers 9h30, l’indice parisien cédait 1,44 % à 7.556,44 points, soit une perte de plus de 109 points. Cette baisse s’inscrit dans une tendance déjà marquée : vendredi, le marché avait reculé de 1,82 %, et depuis le début du mois de mars, le CAC 40 accuse un repli proche de 12 %.
Selon Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets, « le conflit entre dans une nouvelle phase d’escalade », poussant les marchés à mesurer plus concrètement ses conséquences durables sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Les cours du pétrole poursuivent en effet leur ascension. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, progressait de 1,68 % pour s’approcher des 100 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord gagnait 1,66 %, dépassant les 114 dollars. Cette hausse s’explique notamment par les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Le conflit, déclenché fin février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, a considérablement perturbé cette voie maritime essentielle. La situation s’est encore tendue après un ultimatum lancé par Donald Trump, exigeant la réouverture du détroit sous peine de frappes contre des infrastructures iraniennes.
En réponse, Téhéran a menacé de fermer totalement le détroit d’Ormuz et d’attaquer des installations stratégiques dans la région, accentuant les craintes d’un choc durable sur les marchés de l’énergie.
Des taux d’intérêt au plus haut depuis plus d’une décennie
La hausse des prix du pétrole ravive les inquiétudes inflationnistes, explique Antoine Andreani, responsable marchés chez XTB. Dans ce contexte, les rendements des dettes souveraines progressent à travers l’Europe.
En France, le taux d’intérêt à dix ans a atteint 3,81 % en début de séance, un niveau inédit depuis juillet 2009, avant de légèrement refluer autour de 3,78 %. Avant le début du conflit, il évoluait encore autour de 3,20 %.
Le taux allemand à dix ans, référence en zone euro, a lui aussi franchi le seuil des 3 %, atteignant 3,06 %, un niveau comparable à celui observé en 2011.
Cette remontée s’explique par les anticipations d’une inflation plus élevée, qui érode la valeur réelle des remboursements obligataires. En conséquence, les investisseurs exigent des rendements plus importants et anticipent un durcissement des politiques monétaires par les banques centrales, avec de potentielles hausses de taux directeurs.
Dans ce climat d’incertitude géopolitique et économique, les marchés financiers restent sous forte pression.
Share this content:



Laisser un commentaire