Municipales à Paris : le retrait de Sarah Knafo relance la dynamique de Rachida Dati

Coup de théâtre à Paris. À quelques heures de la clôture du dépôt des listes, l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo a annoncé mardi son retrait de la course aux municipales, appelant ses électeurs à « battre la gauche ». Une décision qui rebat les cartes du second tour et redonne de l’élan à la candidate de droite Rachida Dati.

Dans un entretien, Sarah Knafo a expliqué vouloir « tenir le cap » de son objectif initial : « battre la gauche ». Elle précise toutefois que son désistement ne constitue pas un soutien personnel à Rachida Dati, mais s’inscrit « pour Paris ». Revendiquant une campagne dont elle se dit « extrêmement fière », elle appelle désormais ses électeurs à se mobiliser.

Arrivé largement en tête du premier tour avec 37,98 % des voix, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche et des écologistes (hors LFI), affrontera Rachida Dati (25,5 %) lors d’un débat télévisé mercredi soir, à quelques jours du scrutin décisif.

Une décision qui polarise

L’annonce du retrait a immédiatement suscité des réactions. Dans le camp de Rachida Dati, on salue une opportunité. Sa porte-parole, Nelly Garnier, estime qu’« une nouvelle élection commence » et que la victoire face à la gauche est désormais possible. Du côté des Républicains, Bruno Retailleau a qualifié cette décision de « sage et responsable ».

À gauche, les critiques sont vives. Emmanuel Grégoire dénonce « des compromissions » de la droite avec l’extrême droite, tandis que le sénateur communiste Ian Brossat évoque un possible « accord implicite » entre les deux camps.

Une équation électorale incertaine

Troisième au premier tour, la candidate de La France insoumise, Sophia Chikirou, a maintenu sa liste, plaidant pour une alliance sans accord formel. Une option rejetée par Emmanuel Grégoire, qui exclut toute fusion.

De son côté, Rachida Dati a choisi de s’allier avec Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons/Renaissance arrivé derrière elle, dans l’espoir de combler son retard.

Dans ce contexte, le retrait de Sarah Knafo redistribue les rapports de force. Selon plusieurs analystes, il pourrait entraîner un report significatif des voix en faveur de Rachida Dati, rendant l’issue du scrutin beaucoup plus incertaine qu’anticipé.

Pour les observateurs, cette séquence illustre une recomposition politique en cours, où la stratégie d’« union des droites » pourrait peser de manière décisive dans la bataille pour la mairie de Paris.

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