Affaire Burger King : des CRS condamnés pour des violences contre des « gilets jaunes » à Paris
Neuf membres des CRS ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Paris à des peines allant de six à 24 mois de prison avec sursis pour des violences commises lors du mouvement des « gilets jaunes » en 2018.
Les faits remontent au 1er décembre 2018, lors d’une mobilisation à Paris. Des manifestants s’étaient réfugiés dans un restaurant Burger King situé près de la place de l’Étoile pour échapper aux gaz lacrymogènes. Les policiers étaient alors intervenus, frappant plusieurs personnes à coups de matraque et de pied, sans sommation.
Dans son jugement, le tribunal a estimé que « l’usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et de proportionnalité ». Malgré le contexte de tensions et la « pénibilité » de l’intervention, les juges ont rejeté les arguments de la défense, notamment la légitime défense ou l’état de nécessité.
Les neuf fonctionnaires, appartenant à la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, ont été reconnus coupables de violences volontaires avec circonstances aggravantes. Ils ont toutefois bénéficié d’une dispense d’inscription de leur condamnation à leur casier judiciaire.
Le tribunal a également jugé les policiers « entièrement responsables » des préjudices subis par les victimes, mais a renvoyé la question des indemnisations devant la juridiction administrative, estimant que les faits relevaient de leur mission de service.
Au total, quatre victimes identifiées se sont constituées parties civiles, tandis que les enquêteurs ont recensé 16 autres personnes non identifiées. Certaines ont subi de multiples coups — jusqu’à 27 pour l’une d’elles — et continuent, plusieurs années après, de souffrir de séquelles physiques et psychologiques.
L’intervention, qui n’a duré que quelques minutes, avait été largement diffusée grâce à des images captées par des témoins, des journalistes et des caméras de surveillance.
Lors de l’enquête, les policiers avaient reconnu un manque de « lucidité », dans un contexte d’affrontements intenses autour de l’Arc de Triomphe, évoquant également la crainte de faire face à des pillards. Ils ont aussi dénoncé un sentiment d’« abandon » de la part de leur hiérarchie.
Le parquet avait requis en février des peines de six à vingt mois de prison avec sursis. La procureure Marie Dubarry avait alors rappelé que « le désordre ne suspend jamais le droit », soulignant que l’État de droit doit prévaloir même dans les situations de crise.
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