Verdun : le préfet porte plainte après des propos « révisionnistes » lors d’une messe en hommage à Pétain
Une messe organisée samedi 15 novembre à Verdun en mémoire du maréchal Philippe Pétain a suscité une vive polémique. Le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, a annoncé son intention de porter plainte pour des propos « clairement révisionnistes » tenus en marge de la cérémonie.
L’office religieux, organisé par l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), s’est déroulé en l’église Saint-Jean-Baptiste, exceptionnellement fermée au public et réservée aux seuls membres de l’association. Une vingtaine de fidèles y a assisté, selon le préfet, tandis qu’une centaine de manifestants se rassemblaient à l’extérieur.
La tenue de cette messe, quelques jours après les commémorations de l’armistice de 1918, avait été contestée par le maire de Verdun, Samuel Hazard, qui avait tenté de l’interdire. La justice administrative avait finalement donné son feu vert la veille de l’événement.
Avant la cérémonie, le préfet avait rencontré le prêtre célébrant la messe afin de rappeler les règles de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, interdisant toute prise de parole politique dans un lieu de culte.
Des déclarations polémiques à la sortie de l’église
À la fin de l’office, Jacques Boncompain, président de l’ADMP, a affirmé devant des journalistes que Pétain — condamné à mort en 1945 puis condamné à la détention à perpétuité — avait été « le premier résistant de France ». Il a également jugé que le procès du chef du régime de Vichy « ne répondait pas aux critères d’équité », suscitant les protestations de plusieurs manifestants qui l’ont qualifié de « révisionniste ».
Un militant d’extrême droite, Pierre-Nicolas Nups, ancien candidat du Parti de la France aux législatives de 2024, a par ailleurs entonné Maréchal, nous voilà, un chant emblématique du régime de Vichy, provoquant de nouvelles réactions indignées.
Le préfet a indiqué envisager également une plainte contre deux membres du Parti de la France, accusés d’avoir « harcelé les forces de l’ordre » durant les rassemblements.
Une manifestation encadrée et des réactions indignées
Environ vingt policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour éviter tout contact entre les participants à la messe et les manifestants, qui ont exprimé leur opposition dans le calme en chantant notamment la Marseillaise. Plusieurs élus locaux étaient présents, arborant leur écharpe tricolore.
« Je suis profondément heurté, je pense à toutes les victimes de la barbarie nazie et de la Révolution nationale, l’idéologie du maréchal Pétain », a déclaré le maire de Verdun, Samuel Hazard, à la presse. Parmi les manifestants, une paroissienne, Mariette Descamps, brandissait une pancarte « Catho pas facho » et se disait « désolée » de voir une telle cérémonie organisée.
Sa fille Élise, militante CFDT, dénonçait quant à elle « une récupération par l’extrême droite ».
Un hommage autorisé par l’Église
L’archevêque-évêque de Metz, administrateur apostolique de Verdun, avait accordé l’autorisation pour la célébration d’une messe pour le repos de l’âme de Philippe Pétain et des victimes de toutes les guerres.
Ancien héros de la Première Guerre mondiale, Philippe Pétain est devenu chef de l’État français sous l’Occupation. Son régime de Vichy a collaboré avec l’Allemagne nazie, aboli les institutions républicaines et instauré une législation antisémite. Il a été condamné en 1945 pour haute trahison et frappé d’indignité nationale.
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