Une Iranienne soupçonnée d’apologie du terrorisme jugée en janvier à Paris, possible échange avec deux Français détenus en Iran

Mahdieh Esfandiari, une Iranienne de 39 ans détenue en France depuis février, sera jugée à Paris en janvier 2026 pour des faits présumés d’apologie du terrorisme et autres délits liés à des publications en ligne. Son cas pourrait faire l’objet d’un échange diplomatique entre Paris et Téhéran, alors que deux ressortissants français, Cécile Kohler et Jacques Paris, sont emprisonnés en Iran depuis mai 2022.

Vers un échange de prisonniers ?

Depuis septembre, les autorités iraniennes ont publiquement proposé un échange entre Mahdieh Esfandiari et les deux Français détenus en Iran, accusés d’espionnage au profit d’Israël. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a évoqué le 11 septembre un accord en « phase finale ». À Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué qu’il existait de « solides perspectives » pour leur libération « dans les prochaines semaines ».

Les familles de Cécile Kohler (41 ans) et Jacques Paris (72 ans) décrivent une situation de plus en plus critique, dénonçant des conditions de détention extrêmement dures. La France les considère comme « otages d’État ».

Des publications liées au Hamas

Mahdieh Esfandiari, interpellée le 28 février à Villeurbanne (Rhône), est poursuivie pour plusieurs infractions, notamment :

  • Apologie publique d’un acte de terrorisme commis en ligne,
  • Provocation directe à un acte de terrorisme,
  • Injures publiques en raison de l’origine, de l’ethnie ou de la religion,
  • Association de malfaiteurs.

Elle risque jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende pour chacun des deux premiers chefs. L’audience est fixée aux 13, 14, 15 et 16 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris.

Les faits reprochés remontent à l’année 2023 et jusqu’à décembre 2024, avec des publications diffusées via Telegram, X (ex-Twitter), Twitch, YouTube et le site Égalité et Réconciliation. Un signalement du ministère de l’Intérieur, transmis au parquet le 30 octobre 2023, a conduit à l’ouverture d’une enquête après des messages glorifiant l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Parmi les publications attribuées à Mme Esfandiari :

« Une attaque qui fait le bonheur de milliards de gens dans le monde… »
« Merci à ceux qui ont soutenu la Résistance (…) Et à leur tête la République islamique d’#Iran »

Elle est également soupçonnée d’avoir célébré, un an plus tard, l’anniversaire de l’attaque, notamment à l’aide d’émoticônes.

Un réseau structuré selon le parquet

Selon l’enquête, Mahdieh Esfandiari aurait contribué activement à la diffusion de contenus via le compte Telegram @Axe_de_la_Résistance, ainsi qu’un compte X géré par un certain Maurizio B., présenté comme son compagnon. Ce dernier est également mis en examen pour les mêmes infractions.

Les enquêteurs indiquent que Mme Esfandiari fournissait à Maurizio B. des contenus à publier, ainsi que des conseils pour préserver l’anonymat et effectuer des transferts en cryptomonnaies.

Une perquisition à son domicile a permis la découverte de documents sur le régime iranien et de plus de 2 000 euros en espèces. Née en Iran, Mahdieh Esfandiari est arrivée en France après l’âge de 20 ans. Elle y a exercé divers emplois, notamment dans la garde d’enfants, la traduction et l’enseignement. Avant son arrestation, elle envisageait un retour en Iran.

D’autres mises en cause

Deux autres personnes sont poursuivies dans le même dossier, dont l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, visé par un mandat d’amener. Résidant en Suisse, il ne s’est pas présenté à une convocation judiciaire. Il doit être jugé pour apologie du terrorisme en ligne et association de malfaiteurs.

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