Ukraine : Macron expose aux chefs de partis les garanties de sécurité envisagées par la France
Emmanuel Macron a réuni jeudi à l’Élysée les principaux responsables politiques français afin de leur présenter les « garanties de sécurité » que les Européens entendent offrir à l’Ukraine. La France pourrait notamment déployer « plusieurs milliers » de soldats sur le territoire ukrainien en cas de cessez-le-feu avec la Russie.
La réunion, entamée vers 17h30, rassemble les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, les dirigeants des partis représentés au Parlement, les chefs de groupes parlementaires ainsi que les présidents des commissions de la Défense et des Affaires étrangères des deux chambres.
Une participation politique quasi unanime
Tous les partis conviés ont répondu présent, y compris ceux qui se sont jusqu’ici montrés réservés, voire hostiles, à l’envoi de troupes françaises en Ukraine, comme La France insoumise et le Rassemblement national. Plusieurs responsables politiques, dont Jordan Bardella et Marine Le Pen pour le RN, Bruno Retailleau pour Les Républicains ou Gabriel Attal pour Renaissance, sont arrivés sans faire de déclaration.
Empêché par les conditions météorologiques, le président d’Horizons, Édouard Philippe, a été représenté par Claude Malhuret et Sylvain Berrios, selon son entourage.
Ukraine et Venezuela au menu des échanges
Outre la situation en Ukraine, les discussions doivent également porter sur l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et son transfert aux États-Unis samedi, sur ordre de Donald Trump. Un sujet qui suscite des critiques à gauche.
À son arrivée, la cheffe des écologistes Marine Tondelier a appelé à des « réponses fortes de l’Europe », jugeant l’Union européenne « beaucoup trop silencieuse » sur le Venezuela. Elle a également dénoncé la présence du Rassemblement national à la réunion, accusant le parti d’extrême droite d’être une « cinquième colonne » au sein de la France et de l’Europe.
La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a confirmé sa participation afin de rappeler « l’importance du droit international » et de critiquer la réaction jugée insuffisante d’Emmanuel Macron à l’arrestation du président vénézuélien.
Des garanties de sécurité encore hypothétiques
Cette réunion à huis clos intervient deux jours après le sommet de la « coalition des volontaires » organisé mardi à Paris. Les pays alliés de Kiev, essentiellement européens, s’y sont engagés à déployer une force multinationale en Ukraine après un éventuel accord de paix avec Moscou.
Des émissaires de Donald Trump ont promis un « soutien » américain à cette force, tandis que Washington piloterait un mécanisme de surveillance d’un cessez-le-feu, encore très incertain. De son côté, la Russie a dénoncé le projet, avertissant que toute présence militaire occidentale en Ukraine serait considérée comme une « cible légitime ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a reconnu que la mise en œuvre de garanties de sécurité était « impossible sans le consentement de la Russie », un objectif jugé encore lointain.
Une contribution française à préciser
Emmanuel Macron a déjà indiqué que la France pourrait déployer « plusieurs milliers d’hommes » en Ukraine, le « jour d’après la paix ». Selon son entourage, le chef de l’État devrait préciser la nature et l’ampleur de cette contribution lors de la réunion.
La question d’un vote du Parlement pourrait également se poser. Au Royaume-Uni et en Allemagne, l’exécutif a déjà acté le principe d’une validation parlementaire préalable à toute participation militaire.
Le président a rappelé que ces forces n’auraient pas vocation à combattre, mais constitueraient une « force de réassurance » après la conclusion d’un accord de paix. La surveillance d’un éventuel cessez-le-feu serait assurée par des drones et des satellites, la mission des troupes européennes étant avant tout dissuasive.
Enfin, les élus de La France insoumise entendent également profiter de cette rencontre pour évoquer la position française sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, à la veille d’un vote crucial à Bruxelles.
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