Syrie : affrontements à Alep et ouverture de couloirs humanitaires pour les civils

À Alep, dans le nord de la Syrie, les violences entre l’armée syrienne et les forces kurdes se poursuivent pour le troisième jour consécutif. Jeudi 8 janvier, l’armée a pilonné les quartiers kurdes après avoir autorisé l’évacuation des civils via des couloirs humanitaires. Les combats ont déjà fait 17 morts, dont 16 civils, et une soixantaine de blessés, selon les autorités locales.

Des couloirs humanitaires pour protéger les civils

Les civils ont pu fuir les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh grâce à deux corridors humanitaires mis en place par les forces gouvernementales. Les écoles, commerces et universités sont restés fermés. Plusieurs habitants témoignent de la terreur qui règne dans ces quartiers. Oum Ibrahim raconte : « Nous avons réussi à sortir grâce au corridor humanitaire mis en place par le gouvernement. Dieu merci, nous avons pu assurer la sécurité de nos enfants ».

Parmi les évacués, certains ont été blessés par les combats. Abdulrahman, Kurde de 87 ans, témoigne : « Nous ne voulons aucun malheur, ni pour les hommes du gouvernement, ni pour les Kurdes. Nous cherchons seulement la vie ».

Une escalade aux dimensions régionales

La Turquie s’est dite prête à soutenir l’armée syrienne dans son « opération antiterroriste » contre les combattants kurdes. Ankara mène actuellement des « consultations intensives » avec Damas et Washington pour limiter l’ampleur de la violence. Des centaines de manifestants kurdes se sont rassemblés à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, pour dénoncer l’offensive et appeler à la « résistance ».

Israël a condamné les attaques contre la minorité kurde et dénoncé « le silence de la communauté internationale », tandis que l’Union européenne a appelé à la « retenue » et à la protection des civils, en soulignant l’importance d’une solution diplomatique conforme à l’accord du 10 mars 2025 visant à intégrer les institutions de l’administration autonome kurde dans l’État syrien.

Mesures prises par les autorités syriennes

Un couvre-feu a été instauré jeudi soir dans six quartiers d’Alep. Le pouvoir syrien exige le départ des combattants kurdes des zones qu’ils contrôlent, actuellement encerclées par l’armée. Près de 46 000 civils ont déjà fui les combats au cours de la journée via les couloirs humanitaires.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, sont attendus vendredi 9 janvier à Damas, pour des discussions portant sur la situation sécuritaire et la protection des populations civiles.

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