Shutdown : la paralysie budgétaire touche à sa fin, mais les démocrates se divisent

Après plus de 40 jours de paralysie budgétaire, les États-Unis semblent sur le point de mettre un terme au “shutdown” qui a bloqué une partie de l’administration fédérale. La Chambre des représentants doit voter mercredi 12 novembre un texte déjà adopté par le Sénat, au prix de vives tensions au sein du camp démocrate.


Une issue proche après 40 jours d’impasse

Le projet de loi, adopté lundi par le Sénat, prévoit la prolongation du budget actuel jusqu’à fin janvier 2026, le temps de négocier un accord global. La Chambre doit désormais l’examiner avant un vote attendu dans la soirée.

“Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, s’est félicité Mike Johnson, chef républicain de la Chambre des représentants.
Depuis le 1er octobre, le blocage budgétaire a entraîné l’arrêt du paiement d’un million de fonctionnaires, la perturbation des aides sociales et un chaos grandissant dans les transports, avec des milliers de vols annulés en raison du manque de contrôleurs aériens.

Le président Donald Trump a salué “une très grande victoire” lors d’un discours mardi, à l’occasion de la Journée des anciens combattants :

“Nous rouvrons notre pays, il n’aurait jamais dû être fermé”, a-t-il déclaré, remerciant les dirigeants républicains du Congrès pour leur “travail exceptionnel”.


Des démocrates accusés de “trahison”

Si le texte a pu être adopté au Sénat, c’est grâce à huit sénateurs démocrates qui ont choisi de voter avec les républicains. Un geste qui a déclenché une tempête politique au sein de leur parti.

Ces élus modérés affirment avoir obtenu l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux, une concession arrachée à l’administration Trump. Mais pour de nombreux démocrates, ces avancées sont “dérisoires”.

“Une capitulation, une trahison envers l’Amérique qui travaille”, a dénoncé Gavin Newsom, gouverneur de Californie, sur X (ex-Twitter).

La colère vise particulièrement Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, soupçonné d’avoir laissé faire ces négociations en coulisses, voire de les avoir encouragées malgré son vote officiel contre le texte.


Obamacare, le prochain champ de bataille

Au cœur du conflit budgétaire se trouve le financement d’“Obamacare”, le programme fédéral d’assurance santé. Les républicains réclament la fin de certaines subventions jugées trop coûteuses, tandis que les démocrates exigent leur maintien.

Selon le cercle de réflexion KFF, sans prolongation, les coûts d’assurance santé pourraient plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains à bas revenus.

“La santé devient inabordable dans le pays le plus riche du monde !”, a dénoncé Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre.

Il a exhorté les républicains à honorer leur promesse d’un prochain vote pour prolonger ces aides, prévenant :

“Maintenant, il va falloir voir des actes, ou si ce n’étaient que des paroles.”


Un pays encore sous tension

Malgré les progrès politiques, la situation reste tendue sur le terrain.
Le ministre des Transports, Sean Duffy, a prévenu que sans adoption rapide du texte, les compagnies aériennes pourraient suspendre des vols face au manque de personnel.

“Certaines compagnies réfléchiront sérieusement à arrêter de voler, tout simplement”, a-t-il déclaré depuis l’aéroport d’O’Hare, à Chicago.


Si le vote à la Chambre se déroule comme prévu, le président Donald Trump pourrait signer la loi dès jeudi, mettant officiellement fin à l’un des shutdowns les plus longs de l’histoire américaine.
Mais le prix politique à payer, lui, risque d’être lourd — surtout pour un Parti démocrate profondément divisé à un an de la présidentielle.

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