Serbie : nouvelle manifestation à Novi Sad pour réclamer des élections anticipées, la tension monte
La contestation ne faiblit pas en Serbie. Des milliers de personnes ont de nouveau manifesté vendredi soir à Novi Sad, dans le nord du pays, pour exiger des élections anticipées et le départ du président Aleksandar Vucic. Le rassemblement, marqué par des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre, a été dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes.
Les heurts ont éclaté aux abords de la faculté de philosophie, où les manifestants, majoritairement des étudiants, ont lancé des pierres, des barres de fer et des fusées éclairantes contre les forces de police, selon les autorités. En réponse, les forces de l’ordre ont riposté avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes.
Selon le ministère de l’Intérieur, treize policiers ont été blessés et 42 manifestants ont été interpellés. Le ministre Ivica Dacic a dénoncé une « attaque massive et brutale » qu’il qualifie de « violence choquante, planifiée et instrumentalisée politiquement ».
Une contestation enracinée dans un drame
La mobilisation, qui se poursuit depuis plusieurs mois, trouve son origine dans l’effondrement tragique d’un auvent en béton à la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui avait fait 16 morts. Depuis, la rue réclame des comptes. Les manifestants pointent du doigt des travaux bâclés, liés selon eux à des réseaux de corruption, et demandent une enquête transparente.
Initialement pacifiques, les protestations ont pris un tour plus tendu ces dernières semaines, alors que les autorités renforcent la répression. Les protestataires accusent la police, ainsi que des groupes pro-gouvernementaux, d’avoir provoqué ces violences.
Vucic dénonce un complot étranger
Au pouvoir depuis 2014 et réélu en 2022, Aleksandar Vucic reste inflexible. Il refuse d’organiser des élections anticipées et affirme faire face à une tentative de déstabilisation orchestrée depuis l’étranger. Vendredi soir, il a dénoncé une tentative d’occupation de l’université de Novi Sad et a promis des mesures fermes : « Les gens en Serbie doivent savoir que l’État est plus fort que quiconque, et cela restera ainsi. »
Des rassemblements en soutien au gouvernement sont prévus dimanche dans plusieurs villes du pays.
Remaniement gouvernemental sous pression
Face à la pression populaire croissante, les autorités ont tenté de désamorcer la crise. Le gouvernement a récemment été remanié, un nouveau Premier ministre a été nommé, et plusieurs anciens ministres ont été arrêtés et mis en examen dans le cadre de diverses enquêtes.
Lundi dernier, à Belgrade, des milliers de personnes avaient déjà manifesté silencieusement pour marquer les dix mois depuis le drame de Novi Sad.
La contestation, désormais nationale, semble s’enraciner durablement, dans un climat politique de plus en plus tendu.
Share this content:



Laisser un commentaire