« Sales connes » : la sortie de Brigitte Macron sur des militantes féministes déclenche de vives réactions
La diffusion d’une vidéo montrant Brigitte Macron qualifier de « sales connes » des militantes féministes du collectif #NousToutes a provoqué, lundi 8 décembre, une vague de réactions contrastées au sein de la classe politique française.
La Première dame apportait alors son soutien à l’humoriste Ary Abittan, dont la première de son nouveau spectacle avait été perturbée la veille aux Folies Bergère.
Une action coup de poing contre Ary Abittan
Samedi 6 décembre au soir, quatre militantes de #NousToutes, masquées au visage de l’humoriste et portant la mention « violeur », ont interrompu la représentation en scandant « Abittan violeur ».
Accusé de viol en 2021, Ary Abittan a bénéficié d’un non-lieu confirmé en appel début 2024, mais reste régulièrement ciblé par des actions militantes lors de son retour sur scène.
Le lendemain, Brigitte Macron s’est rendue au spectacle. Dans la vidéo publiée par Public, on l’entend rassurer l’humoriste inquiet : « S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors », dit-elle en riant, avant d’ajouter : « Surtout des bandits masqués. »
Le collectif #NousToutes a aussitôt relayé la séquence sur Instagram et relancé sur les réseaux sociaux le mot-clé #salesconnes.
La gauche dénonce une « insulte sexiste »
À gauche, la réaction est unanime : les propos de la Première dame sont jugés inacceptables.
« Non, madame Macron, les militantes féministes ne sont pas des sales connes. Et il est particulièrement indigne de tenir des propos d’un sexisme aussi crasse », a réagi Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, appelant le couple Macron à « partir » pour permettre une véritable lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Un embarras palpable dans le camp présidentiel
Dans le camp présidentiel, les réactions sont plus mesurées, souvent évasives.
Le président du groupe Renaissance à l’Assemblée, Sylvain Maillard, s’est refusé à tout commentaire, estimant que « l’important, c’est le PLFSS ».
La députée Prisca Thévenot a jugé les propos de Brigitte Macron « peu élégants », tout en critiquant les méthodes du collectif féministe : « Est-ce que c’est en multipliant les happenings qu’on va mieux défendre la voix des femmes ? Je ne suis pas sûre. »
L’entourage de Brigitte Macron tente d’apaiser
Selon l’entourage de la Première dame, la formule visait avant tout à critiquer « la méthode radicale » employée par #NousToutes, non les militantes elles-mêmes.
Une justification qui ne suffit pas à calmer la controverse, alors que la séquence continue d’alimenter un vif débat sur la place du militantisme féministe et le rôle public de Brigitte Macron.
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