Russie : l’ONU alerte sur une répression de plus en plus brutale contre les voix dissidentes

Dans un rapport accablant publié cette semaine, la rapporteure spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme en Russie, Mariana Katzarova, dénonce une utilisation « quasi généralisée » de la torture à l’encontre des opposants au régime de Vladimir Poutine.

Un niveau de répression encore plus élevé qu’attendu

« Je savais que la situation était grave, mais je ne m’attendais pas à un tel niveau », déclare Katzarova, qui évoque une répression toujours plus féroce, y compris contre les enfants. Le rapport s’appuie sur environ 200 témoignages recueillis auprès de victimes, d’anciens détenus et d’organisations de défense des droits humains.

Chaque semaine, de nouveaux cas sont signalés à ses services, souvent en lien avec des critiques de la guerre en Ukraine.

Depuis un an, plus de 3 900 Russes ont été condamnés pour avoir manifesté leur opposition à ce que le Kremlin continue de qualifier d’ »opération militaire spéciale ».

Des médecins impliqués dans les actes de torture

Le rapport soulève également un aspect particulièrement glaçant : la participation de certains professionnels de santé à des actes de torture. Mariana Katzarova évoque notamment le cas d’un prisonnier de guerre ukrainien, opéré par un médecin russe pour une blessure grave.

« Le médecin a réalisé une opération qui lui a sauvé la vie », explique-t-elle. « Mais à son réveil, le patient a découvert qu’on lui avait gravé au fer rouge les mots Gloire à la Russie et la lettre Z sur le ventre. »

Une scène qui, selon elle, illustre la dimension idéologique de la torture pratiquée.

Des enfants qualifiés d’extrémistes

Les mineurs ne sont pas épargnés. En juillet dernier seulement, plus de 150 enfants ont été ajoutés à la liste des personnes qualifiées d’extrémistes ou de terroristes. Certains de ces enfants auraient avoué sous la contrainte, voire la torture, selon le rapport.

« En Russie, n’importe qui peut être poursuivi pour extrémisme », souligne Katzarova. Un cadre légal flou qui permet d’étendre la répression à toutes les couches de la société.

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