Royaume-Uni : Ofcom appelle à mieux protéger les sportives contre le harcèlement en ligne
Malgré leurs succès internationaux, les sportives britanniques pourraient être freinées dans leur carrière si elles ne sont pas mieux protégées contre le harcèlement en ligne. L’autorité de régulation des médias, Ofcom, a publié mardi 25 novembre une série de recommandations visant à sécuriser Internet pour les utilisatrices, en particulier les athlètes professionnelles.
« Lorsque nous parlons à des femmes et des filles victimes de cyberharcèlement, leurs témoignages nous marquent profondément », souligne le régulateur. Certaines ont raconté comment la diffusion d’images intimes sans leur consentement a détruit leur sentiment de sécurité. « Des journalistes, des politiciennes et des athlètes décrivent le harcèlement incessant auquel elles font face alors qu’elles exercent simplement leur métier », ajoute Ofcom.
Des recommandations volontaires pour les plateformes
Pour l’instant, le régulateur se limite à des recommandations volontaires à destination des entreprises de la tech. Celles-ci incluent :
- Encourager les utilisateurs à réfléchir avant de poster des messages discriminants,
- Démonétiser les contenus misogynes,
- Renforcer la lutte contre les deepfakes à caractère pornographique.
Si aucune amélioration n’est constatée d’ici deux ans, Ofcom pourrait demander au gouvernement britannique d’instaurer des lois contraignantes.
Le harcèlement collectif, un risque majeur pour les sportives
Le rapport d’Ofcom rappelle que les femmes et filles occupant des fonctions publiques — célébrités, politiciennes, journalistes, influenceuses, militantes et athlètes — sont particulièrement exposées à un harcèlement collectif et coordonné. « Elles sont souvent la cible de campagnes de désinformation sexistes, qui utilisent de faux récits pour atteindre des objectifs sociaux, politiques ou économiques », précise le régulateur.
Le sport féminin au Royaume-Uni a gagné en visibilité ces dernières années, mais les athlètes subissent des vagues de haine en ligne mêlant misogynie, homophobie et racisme. La défenseuse des Lionnes, Jess Carter, championne d’Europe cet été, a même envisagé de quitter sa carrière pour échapper aux insultes numériques. Selon le rapport, « les joueuses de football sont plus susceptibles d’être victimes d’insultes en ligne que les joueurs, et ces insultes sont souvent de nature misogyne ».
Préserver le sport féminin et l’Internet sûr
Ofcom avertit qu’un manque d’action de la part des plateformes pourrait conduire à la perte de talents dans le sport féminin britannique. Les associations de protection des enfants en ligne estiment que les recommandations du régulateur pourraient aussi contribuer à rendre Internet plus sûr pour tous, au-delà du cadre sportif.
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