Royaume-Uni : La réforme sur l’assistance à mourir bute sur l’opposition des Lords

Le projet de loi britannique sur l’assistance à mourir, qui vise à autoriser sous conditions strictes l’aide médicale à mourir pour les personnes en phase terminale, se heurte depuis plusieurs mois à l’opposition de la Chambre des Lords, créant une impasse parlementaire inédite.

Approuvé par les députés après des débats longs et émotionnels, le texte permettrait aux patients dont le pronostic vital ne dépasse pas six mois de demander une assistance pour « choisir » leur mort. Cependant, la Chambre haute, où siègent des membres nommés ou héréditaires, bloque son adoption en raison de craintes sur les garde-fous insuffisants et les risques d’abus.

Face à ce blocage persistant, les auteurs de la proposition, les travaillistes Kim Leadbeater et Charlie Falconer, accusent les Lords de tactiques dilatoires et envisagent désormais une mesure exceptionnelle : le recours au Parliament Act de 1911. Cette « option nucléaire » permettrait, pour la première fois pour une proposition de loi, de contourner l’approbation des Lords et d’adopter directement le texte avant la fin de la session parlementaire en mai.

Les partisans de la réforme soulignent que la légitimité démocratique revient aux Commons, élus par le peuple, et non à la Chambre haute, largement non élue. Ils laissent cependant une dernière chance aux Lords, dont un nouvel examen du texte est prévu ce vendredi.

Si aucun accord n’est trouvé rapidement, le recours au Parliament Act pourrait marquer un tournant institutionnel, tout en relançant un débat de société aussi sensible que polarisé.

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