Procès des « emplois fictifs » du RN : le trésorier Wallerand de Saint-Just en difficulté à l’audience
Lors de l’audience de la cour d’appel de Paris, mercredi, l’ancien trésorier du Rassemblement national (RN), Wallerand de Saint-Just, a cherché à se défendre face aux accusations de complicité dans un système présumé d’emplois fictifs au Parlement européen, destiné à alléger les finances du parti entre 2004 et 2016.
Vêtu d’un costume sombre et d’une cravate rouge, l’avocat de 75 ans a assuré avoir exercé ses fonctions bénévolement à partir de 2009 avec pour seul objectif de « maintenir à flot » le parti, alors fragilisé électoralement. Il a expliqué avoir établi un tableau distinguant les salariés selon leur financement (« Europe », « Siège », « Équipe Marine ») pour « savoir ce qu’ils font et par qui ils sont payés ».
Mais les juges, notamment la présidente Michèle Agi, ont interrogé la mention « payés autrement » figurant dans ce document, élément déjà utilisé en première instance pour établir sa conscience des transferts de charges illicites entre le RN et le Parlement européen. En 2023, le tribunal correctionnel l’avait condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis.
L’interrogatoire s’est intensifié lorsque la cour a abordé le cas de Charles Hourcade, graphiste du parti placé six mois sur un contrat d’assistant parlementaire en 2014-2015. Wallerand de Saint-Just a affirmé qu’il s’agissait d’une réaffectation légitime, une version que la présidente a contrastée avec la nature différente des missions.
Le moment le plus délicat est survenu avec l’évocation d’un courriel échangé en 2014 avec l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser. Ce dernier s’inquiétait : « Ce que Marine nous demande équivaut à ce qu’on signe pour des emplois fictifs. » Réponse de Saint-Just : « Je crois bien que Marine sait tout cela. » Face à la cour, l’ancien trésorier a minimisé ces propos, assurant ne pas imaginer « un instant que Marine Le Pen puisse commettre une infraction ».
Sur les 25 personnes condamnées en première instance, seuls douze, dont Wallerand de Saint-Just et Marine Le Pen, ont fait appel. Le procès, dont l’issue pourrait influencer la campagne présidentielle de 2027, entre maintenant dans sa phase finale. Les réquisitions du parquet général sont attendues mardi.
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