Présidentielle au Cameroun : Paul Biya face à une opposition éclatée et onze candidats en lice
Le Cameroun se rend aux urnes ce dimanche 12 octobre pour élire son président, avec en tête d’affiche Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis plus de quatre décennies. Malgré son âge avancé et les critiques croissantes, le chef de l’État sortant reste le grand favori, notamment en raison d’une opposition divisée et sans stratégie unifiée.
Une opposition fragmentée, sans candidat commun
Onze candidats figurent sur les bulletins de vote, mais la dispersion des forces anti-Biya a sapé toute chance de coalition. Plusieurs personnalités, dont Maurice Kamto, principal adversaire de 2018, ont vu leur candidature rejetée ou se sont retirées du processus.
Tour d’horizon des principaux candidats en lice :
🔹 Issa Tchiroma Bakary (79 ans)
Ancien ministre et ex-porte-parole du gouvernement, Tchiroma a récemment tourné le dos au régime Biya après plus de 20 ans de loyauté. Candidat désigné par une coalition de petits partis, il a reconnu ses erreurs passées, notamment le déni du problème anglophone. Il propose une transition de 3 à 5 ans pour « reconstruire » le pays.
🔹 Bello Bouba Maïgari (78 ans)
Premier chef de gouvernement de Paul Biya en 1982, Maïgari revient sur le devant de la scène politique après avoir quitté le gouvernement en juin. Il a reçu le soutien de deux autres candidats retirés, Akere Muna et Ateki Seta Caxton, dont les noms figureront malgré tout sur les bulletins. Son programme prévoit une réforme constitutionnelle et une loi d’amnistie pour les détenus d’opinion.
🔹 Cabral Libii (45 ans)
Candidat malheureux en 2018, Libii est l’un des rares jeunes visages de cette présidentielle. À la tête du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), il prône la sortie du Franc CFA, un revenu minimum garanti à 140 000 francs CFA (environ 213 euros), et une modernisation de l’administration.
Kamto écarté, appel au « vote libre »
Ex-candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, 71 ans, a vu sa candidature rejetée par le Conseil constitutionnel, qu’il accuse de partialité. Il a refusé de soutenir un autre candidat et a simplement invité les électeurs à voter selon leur conscience.
Paul Biya, favori malgré les critiques
Avec 43 ans au pouvoir, Paul Biya est le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde. Il a effectué sa première apparition publique de la campagne seulement mardi, à cinq jours du vote. Son camp mise sur la division de l’opposition et le contrôle institutionnel pour assurer une nouvelle réélection, malgré un contexte social et économique tendu.
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