Premier migrant expulsé du Royaume-Uni vers la France dans le cadre de l’accord migratoire franco-britannique

Un migrant d’origine indienne, arrivé en Angleterre en août à bord d’une petite embarcation, a été expulsé jeudi 18 septembre vers la France, marquant la première application concrète de l’accord migratoire conclu cet été entre le Royaume-Uni et la France. Ce retour s’inscrit dans la volonté du gouvernement britannique de réduire l’immigration irrégulière et de sécuriser ses frontières.

L’exécutif de Keir Starmer, confronté à la pression du parti d’extrême droite Reform UK, a fait de la lutte contre les traversées clandestines de la Manche une priorité. Avec plus de 31 000 arrivées cette année, les passages par petits bateaux vers le Royaume-Uni atteignent un niveau record.

Selon le ministère britannique de l’Intérieur, cet homme a été expulsé à bord d’un vol commercial Air France. Il s’agit de la première mise en œuvre concrète de l’accord signé en juillet dernier lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron à Londres. Cet accord, entré en vigueur début août, prévoit un système d’échange « un pour un » : chaque migrant arrivé illégalement au Royaume-Uni par la mer peut être renvoyé en France, tandis que des migrants présents en France peuvent être accueillis outre-Manche.

La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a salué ce renvoi comme « un important premier pas pour sécuriser » les frontières du pays. Elle a également envoyé un message clair aux candidats à la traversée : « Si vous entrez au Royaume-Uni illégalement, nous chercherons à vous expulser. »

D’autres expulsions vers la France sont prévues dans les jours à venir, tandis que des migrants autorisés à venir au Royaume-Uni depuis la France devraient arriver prochainement. Toutefois, les autorités françaises restent prudentes et examinent attentivement les profils des personnes renvoyées, selon plusieurs sources.

Ce dispositif fait toutefois face à de fortes critiques de la part des ONG. Certaines, comme l’Auberge des migrants, dénoncent un « marchandage cynique de vies humaines », et estiment que l’accord est avant tout un coup de communication politique. Par ailleurs, la justice britannique a temporairement suspendu une expulsion en invoquant des risques liés à un trafic d’êtres humains, ce qui complique l’application du dispositif.

Depuis début août, une centaine de migrants sont détenus en attente d’expulsion, selon The Guardian. Le gouvernement travailliste, qui a abandonné le projet conservateur d’expulser des demandeurs d’asile vers le Rwanda, multiplie les accords internationaux et renforce ses moyens pour faire face à l’immigration irrégulière. En un an, les expulsions ont augmenté de 13 %, avec près de 35 000 personnes renvoyées.

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