Peine de mort requise contre l’ex-président Joseph Kabila en RD Congo pour complicité avec le M23

Kinshasa – La justice congolaise a requis, vendredi 22 août, la peine de mort contre l’ancien président de la République démocratique du CongoJoseph Kabila. Jugé par contumace par la Haute Cour militaire de Kinshasa, l’ex-chef d’État (2001-2019) est accusé de complicité avec le groupe armé M23, de « trahison » et d' »organisation d’un mouvement insurrectionnel ».

Un réquisitoire accablant pour « énormes préjudices »

Le représentant du ministère public, le général Lucien René Likulia, a demandé aux juges de condamner Joseph Kabila à la peine capitale pour son implication présumée dans les violences perpétrées par le M23, soutenu par le Rwanda, dans l’est du pays. L’accusation estime que ces violences ont causé « d’énormes préjudices » à la nation et entraînent la « responsabilité pénale et individuelle » de l’ancien président.

Outre la peine de mort, le parquet a requis 20 ans de prison pour « apologie de crimes de guerre » et 15 ans pour « complot ». Joseph Kabila, qui vit à l’étranger depuis fin 2023, est considéré par l’accusation comme l’un des initiateurs de l’Alliance fleuve Congo (AFC), présentée comme la branche politique du M23.

Un procès perçu comme politique par les partisans de Kabila

Ouvert le 25 juillet, ce procès hautement politique intervient dans un contexte de tensions exacerbées entre le régime de l’actuel président Félix Tshisekedi et l’opposition. Les partisans de Joseph Kabila, par la voix de Ferdinand Kambere, secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dénoncent une « persécution politique » destinée à « dissimuler l’échec diplomatique et militaire » du gouvernement face au M23.

Ils estiment que les conditions ne garantissent pas un « procès équitable » pour l’ancien président, qui avait réapparu publiquement fin 2024 pour dénoncer la gestion de son successeur et annoncer son retour imminent en RD Congo « par la partie orientale », zone sous contrôle du M23.

Contexte régional explosif et levée du moratoire

L’est de la RD Congo, riche en ressources naturelles, est en proie à des conflits depuis trois décennies. L’offensive du M23, qui contrôle désormais les capitales provinciales Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu), a provoqué une crise humanitaire majeure, avec des milliers de morts et des millions de déplacés.

Alors qu’un moratoire sur la peine de mort était en vigueur depuis 2003, il a été levé en 2024, bien qu’aucune exécution n’ait encore eu lieu. Les provinces orientales du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, dévastées par les violences, se sont constituées parties civiles dans ce procès, réclamant plusieurs milliers de dollars de dommages et intérêts.

La suite de cette affaire, qui mêle enjeux judiciaires, politiques et sécuritaires, est attendue avec une intense pression, tant au niveau national qu’international.

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