OTAN et Union européenne renforcent leur riposte anti-drones face aux incursions russes en Europe

Les ministres de la Défense de l’OTAN et de l’Union européenne se sont réunis mercredi 15 octobre à Bruxelles pour renforcer leurs dispositifs de défense anti-drones, à la suite de multiples incursions russes dans l’espace aérien européen. Ces intrusions sont perçues comme un nouveau test de la Russie à l’encontre des pays alliés.

L’OTAN accélère le déploiement de mesures anti-drones

À l’issue d’une réunion à Bruxelles, Mark Rutte, ministre néerlandais de la Défense, a annoncé que l’OTAN allait « mettre en œuvre un certain nombre de mesures supplémentaires anti-drones », visant à améliorer la capacité de l’Alliance à détecter, suivre et neutraliser ces menaces aériennes. Ces efforts s’appuient sur des systèmes intégrés actuellement en phase de test, avec des exercices prévus notamment en Estonie la semaine prochaine.

L’amiral français Pierre Vandier, commandant suprême pour la transformation de l’OTAN, a précisé que l’organisation fournirait aux États membres un catalogue de solutions éprouvées pour contrer efficacement les drones.

L’Union européenne prépare son « mur » anti-drones

De son côté, l’Union européenne a évoqué lors de sa réunion ministérielle un projet de « mur » anti-drones, rebaptisé « Initiative européenne pour les drones », présenté récemment par la Commission européenne. Cette initiative vise à rendre pleinement opérationnel ce dispositif d’ici 2027, selon la feuille de route qui sera dévoilée jeudi, en amont du sommet européen prévu la semaine prochaine.

Interrogés sur le risque de chevauchement entre les actions de l’OTAN et de l’UE, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et le secrétaire général de l’OTAN ont affirmé que les deux institutions se complètent et travaillent en coordination.

Soutien militaire à l’Ukraine et appels à la solidarité

Les ministres ont également abordé leur soutien militaire à l’Ukraine, qui subit une guerre intense marquée par des attaques massives de drones et de missiles russes. Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense, a encouragé les pays européens et le Canada à renforcer leur aide via le programme Purl, qui permet à Kiev d’acquérir des armes américaines financées par ses alliés.

L’Ukraine, qui a déjà reçu près de 2 milliards de dollars d’aide dans ce cadre, espère obtenir davantage de fonds. Son ministre de la Défense, Denys Chmygal, a indiqué que le pays aura besoin de 120 milliards de dollars en 2026 pour son effort de guerre, et qu’avec les financements adéquats, Kiev pourrait produire jusqu’à 10 millions de drones.

L’expérience ukrainienne au cœur des stratégies anti-drones

L’Ukraine, confrontée en septembre à plus de 5 600 attaques de drones et 180 missiles, constitue un exemple précieux pour l’OTAN. En réponse à ces menaces, l’Alliance a abattu trois drones russes ayant pénétré en Pologne, une première historique, et a escorté des avions russes hors du ciel estonien lors d’une incursion record.

Pour mieux réagir, l’OTAN envisage aussi d’assouplir ses règles d’engagement, permettant à son commandement militaire une plus grande flexibilité face aux menaces complexes et aux situations en évolution rapide, notamment dans le contexte des opérations conjointes impliquant des appareils sophistiqués comme les F-35.

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