Nouvelle phase du procès de l’ancien leader kosovar Hashim Thaçi à La Haye
Le procès des anciens cadres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) entre ce 15 septembre dans une nouvelle phase cruciale devant les Chambres spéciales pour le Kosovo, installées à La Haye. Ce procès, entamé en avril 2023, vise quatre anciens dirigeants poursuivis pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre mars 1998 et septembre 1999, lors du conflit opposant l’UCK aux forces serbes sous le régime de Slobodan Milošević.
Parmi les accusés figure Hashim Thaçi, ex-chef politique de l’UCK et ancien président autoproclamé du Kosovo, qui doit désormais répondre aux preuves présentées par le procureur.
Un dossier accablant
Lors de la première phase, l’accusation a fait appel à 125 témoins et versé plus de 8 000 éléments de preuve visant à démontrer la responsabilité de Hashim Thaçi et de ses coaccusés : Kadri Veseli, considéré comme le maître espion de l’UCK ; Rexhep Selimi, ancien chef des opérations et ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire post-conflit ; et Jakup Krasniqi, porte-parole de la guérilla.
Ces preuves visent à établir leur responsabilité dans des persécutions, tortures, meurtres et disparitions forcées commis par les forces de l’UCK.
La défense de Hashim Thaçi
Surnommé « Le Serpent » pendant la guerre, Hashim Thaçi conteste ces accusations. Il affirme ne pas avoir dirigé directement l’armée séparatiste, soulignant que chaque commandant avait autorité sur sa propre zone, et rejette ainsi toute responsabilité concernant les abus commis contre les prisonniers serbes ou les personnes considérées comme des traîtres.
Un procès sous tension
Les avocats de la défense disposent désormais jusqu’à mi-novembre pour présenter leurs témoins, parmi lesquels d’anciens membres de l’OTAN ou de la mission onusienne au Kosovo sont attendus à La Haye.
Ce procès, qui dure depuis plus de deux ans, se déroule dans un climat difficile, marqué notamment par des intimidations envers les témoins. Par ailleurs, Hashim Thaçi fait face à un second acte d’accusation pour entrave à l’administration de la justice.
Un contexte géopolitique tendu
Le tribunal évolue également dans un contexte géopolitique complexe, notamment avec l’opposition de l’administration Trump à sa légitimité. Cette situation a ravivé le soutien des vétérans et sympathisants de l’UCK, qui ont manifesté le 14 septembre devant la prison où Hashim Thaçi est détenu depuis sa reddition il y a cinq ans.
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