Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron annonce un accord complémentaire à celui de Bougival
Emmanuel Macron a annoncé, lundi 19 janvier, la signature d’un accord complémentaire à l’accord de Bougival sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion avec des responsables politiques calédoniens, dont une vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux.
Baptisé « accord Élysée-Oudinot », ce nouveau texte vient compléter l’accord de Bougival signé en juillet 2025, notamment sur la question sensible du dégel du corps électoral. À l’issue de ce nouveau cycle de discussions — boycotté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste — le chef de l’État a également annoncé la signature d’un « protocole financier » dans la soirée, ainsi qu’un engagement du gouvernement à traduire ces accords dans les prochains textes budgétaires.
L’accord de Bougival, conclu le 12 juillet 2025 entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’État, prévoit la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et susceptible d’une reconnaissance internationale. En revanche, il n’ouvre pas la voie à une souveraineté pleine, ce qui a conduit le FLNKS à rejeter le texte.
Si le mouvement indépendantiste avait apposé sa signature en juillet, il affirme n’avoir validé qu’un « projet d’accord » destiné à être soumis à ses militants, lesquels l’ont ensuite rejeté. De nombreux observateurs estiment qu’un nouvel accord signé sans le FLNKS pourrait se heurter à de sérieuses difficultés d’application.
Parmi les principaux points de désaccord figure le dégel du corps électoral, revendiqué par les non-indépendantistes. Mis en place en 1998, ce dispositif limite le droit de vote aux élections provinciales aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa remise en cause avait été au cœur des tensions ayant conduit aux émeutes meurtrières de mai 2024.
Dans le texte de l’accord complémentaire signé lundi, transmis par le ministère des Outre-mer, les signataires s’engagent « à promouvoir une démarche de réconciliation des mémoires », tant pour le peuple kanak que pour les autres communautés de l’archipel. Ils réaffirment également « le droit de chaque Calédonien à voir reconnaître ses aspirations politiques » et soutiennent l’« exercice du droit à l’autodétermination ».
Ce droit pourrait s’exprimer par la possibilité durable de transférer à la Nouvelle-Calédonie les compétences encore exercées par l’État, dans un cadre concerté et avec l’approbation d’une majorité de la population. Le texte précise par ailleurs que si l’ensemble des compétences régaliennes venait à être transféré, les partenaires devraient se réunir afin d’en tirer les conséquences sur la relation entre la France et la Nouvelle-Calédonie.
Concernant le calendrier, les signataires prévoient l’adoption d’un projet de loi constitutionnelle d’ici le mois d’avril. L’accord politique serait ensuite soumis à l’approbation des Calédoniens en juin ou juillet, avant l’adoption d’une loi organique entre septembre et novembre. Les élections provinciales devraient, quant à elles, se tenir avant le 31 décembre 2026.
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