Nice : deux morts et plusieurs blessés dans une fusillade liée au narcotrafic aux Moulins
Une fusillade survenue vendredi soir dans le quartier des Moulins, à Nice, a fait deux morts et cinq blessés, dont au moins trois dans un état grave. Les faits, « très vraisemblablement liés au narcotrafic », selon le parquet, ravivent les tensions autour de la sécurité dans ce quartier sensible.
Les tirs ont éclaté en début de soirée dans ce secteur de l’ouest niçois, connu pour être un point névralgique du trafic de stupéfiants. Le parquet de Nice a confirmé l’ouverture d’une enquête pour homicides volontaires en bande organisée et tentatives d’homicide volontaire en bande organisée. La police judiciaire des Alpes-Maritimes est en charge des investigations.
Les auteurs de la fusillade sont toujours en fuite. Un important dispositif de sécurité a été déployé sur place, et une cellule médico-psychologique a été mise en place pour les habitants du quartier.
Une nouvelle flambée de violences
Le quartier des Moulins, qui compte environ 8 000 habitants, est régulièrement marqué par des violences liées au contrôle de points de deal. Mercredi dernier, un jeune homme avait déjà été blessé par balles dans le secteur. En juillet 2024, un incendie criminel attribué à des règlements de comptes liés à la drogue avait coûté la vie à sept membres d’une même famille, dont plusieurs enfants.
Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, s’est rendu sur place vendredi soir. Il a annoncé l’arrivée de renforts policiers dès samedi pour sécuriser la zone, tout en rappelant que trois points de deal avaient été démantelés récemment et que près de 300 personnes avaient été incarcérées en six mois, à la fois aux Moulins et dans le quartier voisin de l’Ariane.
Tensions politiques autour de la sécurité
Le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons), s’est également rendu sur les lieux. Il a dénoncé un « désintérêt de l’État pour cette cité des Moulins » et réclamé davantage de moyens humains : « Ce n’est pas parce que nous avons investi dans la police municipale et la vidéosurveillance qu’il faut nous envoyer moins d’effectifs nationaux », a-t-il déclaré.
De son côté, le député Eric Ciotti (UDR-RN), candidat aux municipales de mars prochain, a vivement critiqué la réponse de l’État : « Stop, ça suffit, Nice ne doit pas devenir Marseille », a-t-il écrit sur X (anciennement Twitter). Il a dénoncé des annonces de renforts « éphémères » et appelé à un renouvellement des responsables en charge de la sécurité.
Un climat de violence persistant
Si Nice reste loin du niveau de violence observé à Marseille ou en région parisienne, les fusillades et règlements de comptes liés au trafic de drogue y sont en hausse. En avril dernier, un homme de 28 ans avait été abattu dans le quartier Pasteur, à l’est de la ville.
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