Municipales à Paris : la conseillère écologiste Alice Coffin dénonce son éviction des listes d’union de gauche

La conseillère de Paris apparentée écologiste Alice Coffin, figure du militantisme féministe et lesbien, a dénoncé vendredi son éviction de la liste centrale d’union de la gauche (hors LFI) pour les élections municipales de mars. « Je ne serai plus conseillère de Paris après les élections. Ce n’est pas mon choix. Mon nom a été rayé des listes par les écologistes et les socialistes », a-t-elle déclaré sur X.

Élue dans le XIIe arrondissement depuis 2020, Alice Coffin s’était fait connaître en dénonçant les liens entre l’ex-adjoint à la Culture d’Anne Hidalgo, Christophe Girard, et l’écrivain Gabriel Matzneff, visé par des enquêtes pour viol sur mineur. Cofondatrice de l’Association des journalistes LGBT (AJL) et de l’Observatoire des violences sexuelles et sexistes en politique, elle est également porte-voix de la Conférence européenne des lesbiennes.

« Les répercussions de ce choix sont graves »
Interrogée par l’AFP, l’élue affirme n’avoir reçu « aucune explication claire » sur cette décision, évoquant des « logiques d’appareil ». Elle estime que son éviction symbolise l’exclusion des profils militants : « Ne pas me choisir moi, ce n’est pas le problème, mais ne pas faire élire des profils similaires, c’est-à-dire des activistes. » Elle rappelle avoir été la cible de « milliers de messages numériques sordides » et de « menaces de viol incessantes » pour ses combats.

Plus largement, Alice Coffin critique la composition des listes électorales, tous partis confondus, affirmant que « les partis politiques n’aiment pas les féministes ». Elle ironise : « Il vaut mieux être accusé d’agression sexuelle que féministe », en référence à des candidats mis en examen ou condamnés maintenus sur certaines listes.

Un accord électoral tendu entre écologistes et socialistes
L’accord entre écologistes et socialistes prévoit 36 places éligibles pour les premiers au Conseil de Paris en cas de large victoire (102 élus), une hypothèse jugée improbable compte tenu du nombre de listes en présence.

Émile Meunier, conseiller de Paris écologiste rallié à LFI, dénonce une « rétractation sur les apparatchiks » : « La liste écologiste s’est refermée sur son petit appareil et toutes les têtes qui dépassent ont été coupées. »

De son côté, le co-secrétaire des Écologistes Paris, Antoine Alibert, reconnaît qu’Alice Coffin « a mené un travail remarquable », mais assure qu’« il n’y a pas eu de volonté de l’évincer ». Il invoque un problème de calendrier : « D’autres profils de militants de la société civile avaient été contactés lorsqu’elle a évoqué le souhait d’être reconduite, trop tardivement. »

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