Menaces de surtaxes américaines : Macron prêt à activer l’instrument anti-coercition de l’UE
Face aux menaces de Donald Trump d’imposer de nouvelles surtaxes douanières aux pays européens, Emmanuel Macron se dit prêt à demander l’activation de l’instrument anti-coercition de l’Union européenne. Le président français, en contact étroit avec ses homologues européens, envisage ce recours si les annonces américaines venaient à être mises à exécution, a indiqué dimanche 18 janvier son entourage.
Cet outil, dont l’activation nécessite une majorité qualifiée des États membres, permet notamment de restreindre l’accès aux marchés publics européens ou de bloquer certains investissements. Selon un proche du chef de l’État, les menaces américaines « posent aussi la question de la validité de l’accord » tarifaire conclu entre l’Union européenne et les États-Unis en juillet dernier.
Samedi, Donald Trump a menacé plusieurs pays — Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande — de leur imposer des droits de douane supplémentaires, pouvant atteindre 10 % dès le 1er février, puis 25 % au 1er juin. Il conditionne leur levée à la conclusion d’un accord sur la « vente complète et intégrale du Groenland », territoire autonome danois.
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a estimé que le président américain « a beaucoup à y perdre aussi » dans une telle escalade commerciale. « Cela nuirait à ses propres agriculteurs et à ses industriels », a-t-elle déclaré, soulignant que si l’Union européenne dispose d’une « force de frappe » commerciale, celle-ci doit être utilisée « avec précaution » pour éviter une spirale dommageable pour toutes les parties.
Selon la ministre, les Européens « ne laisseront pas faire les États-Unis », jugeant « inacceptable et inimaginable » toute prise de contrôle américaine du Groenland.
Dans ce contexte, une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’UE est prévue à Bruxelles, tandis qu’Emmanuel Macron doit s’entretenir dans les prochaines heures avec plusieurs dirigeants européens afin de coordonner la réponse à cette crise inédite entre alliés de l’Otan.
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