Maroc : Mohammed VI appelle à accélérer les réformes sociales alors que les jeunes manifestent dans la rue

Alors que des centaines de jeunes Marocains manifestent depuis plus de deux semaines pour réclamer des réformes dans l’éducation, la santé et la gouvernance, le roi Mohammed VI a prononcé, vendredi 10 octobre, un discours très attendu devant le Parlement. Il y a appelé le gouvernement à accélérer la mise en œuvre des programmes de développement social, en particulier dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la santé.

Un discours sans référence directe aux manifestations

Sans évoquer explicitement les manifestations en cours, le souverain a fixé comme priorités la création d’emplois pour les jeunes et la promotion effective des services publics essentiels. Il a également souligné qu’il ne devait y avoir aucune opposition entre les grands projets nationaux et les politiques sociales, en réponse implicite aux critiques sur les investissements massifs dans les infrastructures sportives, alors que les services publics restent défaillants.

« Il ne devrait y avoir ni antinomie ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux, tant que le but recherché est de développer le pays et d’améliorer les conditions de vie des citoyens », a déclaré le roi.

Le collectif GenZ 212 en première ligne

À l’origine du mouvement, le collectif GenZ 212 organise depuis le 27 septembre des rassemblements pacifiques dans plusieurs villes du royaume. Porté par des jeunes et largement structuré via la plateforme Discord où il revendique plus de 200 000 membres, le mouvement réclame notamment :

  • Des réformes urgentes dans les secteurs de la santé et de l’éducation,
  • Le limogeage du gouvernement actuel,
  • Une lutte renforcée contre la corruption.

Les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol face aux inégalités persistantes et à la faiblesse des services publics, dénonçant la construction de stades alors que les hôpitaux sont en crise. Le mouvement a été déclenché par l’émotion suscitée par la mort de huit femmes enceintes à l’hôpital public d’Agadir en septembre, faute de soins adéquats.

Inégalités et pauvreté, un mal persistant

Le gouvernement marocain, qui a renouvelé jeudi son appel au dialogue avec GenZ 212, affirme travailler à combler les déficits dans les services publics. Mais les inégalités sociales restent un défi majeur.

Selon les chiffres officiels, le déficit éducatif est responsable de 47,5 % des situations de pauvreté dans le pays. Si le taux de pauvreté national a diminué — passant de 11,9 % en 2014 à 6,8 % en 2024 —, les disparités régionales et l’écart entre les secteurs public et privé demeurent profonds.

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