L’Union européenne approuve l’interdiction progressive du gaz russe

Les ministres de l’Énergie des Vingt-Sept ont donné leur feu vert à une mesure historique pour réduire la dépendance énergétique à Moscou. L’interdiction des importations de gaz russe, proposée par la Commission européenne, devra encore passer l’étape du Parlement européen.

Réunis lundi 20 octobre à Luxembourg, les ministres de l’Énergie des 27 États membres de l’Union européenne ont approuvé à la majorité qualifiée un plan de sevrage progressif du gaz russe. L’objectif : mettre fin à une dépendance encore bien réelle, malgré les sanctions déjà imposées sur le charbon et le pétrole depuis le début de la guerre en Ukraine.

En 2024, le gaz russe représentait encore 19 % des importations de l’UE, soit 52 milliards de mètres cubes, selon les chiffres communiqués par la Commission. Un niveau jugé incompatible avec la stratégie énergétique et diplomatique européenne face à la Russie.

Un calendrier en trois temps

Le plan adopté prévoit une interdiction en trois étapes :

  1. À partir du 1er janvier 2026 : fin de tout nouveau contrat d’importation de gaz russe.
  2. À compter du 17 juin 2026 : interdiction des contrats à court terme.
  3. D’ici fin 2027 : suppression totale des importations issues de contrats à long terme.

Le Parlement européen pousse toutefois pour une accélération du calendrier, avec certaines commissions proposant une date butoir dès le 1er janvier 2026, voire 2025. Une proposition plus stricte qui alimente les débats en vue de l’adoption définitive du texte.

Une majorité contre les réticences d’Europe centrale

L’adoption s’est faite à la majorité qualifiée : 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population européenne. Un vote qui met en minorité certains pays fortement dépendants du gaz russe, comme la Hongrie et la Slovaquie.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a vivement critiqué la mesure, affirmant qu’elle menaçait directement la sécurité énergétique de son pays. « Pour nous, l’approvisionnement en énergie n’a rien à voir avec la politique », a-t-il déclaré, jugeant la décision « dangereuse ».

Une décision stratégique et symbolique

Pour les partisans du plan, cette interdiction marque un tournant géopolitique et énergétique. « Cette décision va façonner l’avenir de notre continent. Nous allons cesser de financer la machine de guerre russe et diversifier nos approvisionnements », a salué le ministre danois de l’Énergie Lars Aagaard, qui présidait la réunion.

La Commission européenne voit dans cette mesure un levier de pression sur Moscou, tout en renforçant la transition vers des sources d’énergie renouvelables et diversifiées.

Pressions internationales pour aller plus loin

Au niveau international, les États-Unis réclament depuis longtemps la fin des importations européennes d’énergies fossiles russes. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, Donald Trump a vivement critiqué la position de l’UE. « L’Europe continue d’acheter du gaz et du pétrole à la Russie, tout en prétendant s’opposer à elle. C’est embarrassant », a-t-il lancé.

Le projet doit désormais être examiné par le Parlement européen, où les débats s’annoncent vifs, notamment autour du calendrier de mise en œuvre.

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