L’UE suspend la ratification de l’accord commercial avec les États-Unis face aux menaces de Donald Trump
L’Union européenne durcit le ton face aux nouvelles menaces douanières de Donald Trump. Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont confirmé, mardi 20 janvier, la suspension du processus de ratification de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis.
Selon la présidente du groupe social-démocrate, un « accord majoritaire » a été trouvé entre les forces politiques du Parlement pour geler cet accord. Le Parti populaire européen (PPE), principale formation de droite à Strasbourg, a également confirmé l’arrêt des discussions. Si une décision formelle doit encore être prise en séance, l’issue ne fait guère de doute au vu du consensus des grands groupes politiques.
Conclu en juillet 2025 sur le terrain de golf du président américain en Écosse, l’accord avait suscité de vives critiques en Europe. Jugé déséquilibré, il prévoyait une taxation de 15 % sur les exportations européennes vers les États-Unis, à l’exception de l’acier et de l’aluminium, frappés à hauteur de 50 %. En contrepartie, les Européens s’étaient engagés à exonérer de droits de douane les biens industriels et agricoles américains entrant sur le marché européen.
Pour le président du PPE, refuser l’accès sans droits de douane au marché européen constitue « un outil très puissant » dans le rapport de forces avec Washington. « Je ne crois pas que les entreprises soient prêtes à renoncer au marché européen », a renchéri Valérie Hayer, présidente du groupe centriste Renew, auquel appartient le parti du président français Emmanuel Macron.
Les positions divergent toutefois au sein des groupes d’extrême droite. Pour le coprésident du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR), Nicola Procaccini, le gel de l’accord « est une erreur ». À l’inverse, le groupe Patriotes, présidé par l’eurodéputé français Jordan Bardella, soutient la suspension du texte, estimant que seul un « rapport de forces » peut désormais s’imposer face aux États-Unis de Donald Trump.
En pratique, le gel des discussions au Parlement européen empêche toute ratification et donc l’entrée en vigueur de l’accord commercial.
Les eurodéputés restent en revanche divisés sur les autres réponses possibles aux menaces américaines, notamment sur l’activation du « bazooka » économique de l’UE. Cet instrument anti-coercition permettrait de restreindre certains investissements ou l’accès des entreprises américaines aux marchés publics européens. Le PPE et le groupe ECR s’y opposent, appelant à la « désescalade ».
D’autres familles politiques y sont cependant favorables. Ces options de riposte figureront au cœur des discussions lors d’un sommet européen extraordinaire prévu jeudi soir à Bruxelles.
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