Les salariés du Parisien s’opposent fermement à une vente à Vincent Bolloré

Les journalistes et salariés du Parisien/Aujourd’hui en France ont exprimé jeudi leur vive opposition à un projet de vente du quotidien au groupe Bolloré, lors d’une assemblée générale extraordinaire. Une motion rejetant cette hypothèse a été adoptée à une large majorité.

Les salariés dénoncent un risque de basculement du titre sous l’influence d’une « idéologie militante d’extrême droite », pointant du doigt la ligne éditoriale déjà adoptée par CNews ou le Journal du Dimanche (JDD) depuis leur rachat par l’homme d’affaires breton. La Société des journalistes (SDJ) a qualifié ce scénario de « catastrophe » pour l’indépendance rédactionnelle.

Une mobilisation unanime face au « silence de la direction »
La motion, adoptée par 474 participants avec seulement quatre abstentions, mandate les syndicats pour exiger une rencontre immédiate avec Pierre Louette, PDG du groupe Les Échos-Le Parisien (propriété de LVMH, Bernard Arnault). Les salariés réclament des garanties sur l’avenir du titre et dénoncent « des conditions de précarité et d’incertitude inacceptables ».

Contexte tendu
La grogne est d’autant plus forte que la rédaction vient de subir un plan de réorganisation entraînant la suppression de près de 40 postes. Les craintes d’une reprise par Bolloré s’ajoutent à un climat social déjà dégradé.

Vincent Bolloré, déjà propriétaire de Prisma Media, de Canal+ (dont CNews) et de Lagardère (Europe 1, JDD), suscite l’inquiétude des professionnels de l’information en raison des changements radicaux opérés dans ses médias – grèves, départs forcés, orientation éditoriale controversée.

Les salariés du Parisien entendent défendre un modèle de presse « indépendante » et « pluraliste », et comptent sur le soutien de la direction et de l’actionnaire Bernard Arnault pour éviter un scénario à la JDD.

Share this content:

Laisser un commentaire