Les États-Unis réactivent la base navale de Roosevelt Roads à Porto Rico, 20 ans après sa fermeture
Les États-Unis ont commencé à rouvrir la base navale de Roosevelt Roads, à Porto Rico, abandonnée depuis 2004, dans le cadre d’un renforcement de leur présence militaire dans les Caraïbes. Selon une enquête de Reuters publiée dimanche 2 novembre, cette décision s’inscrit dans le contexte des tensions croissantes entre Washington et le Venezuela de Nicolas Maduro.
Une base stratégique pour la région
Située dans le sud de Porto Rico, Roosevelt Roads – surnommée « Rosy Roads » – était autrefois l’une des plus grandes bases navales au monde. Construite pendant la Seconde Guerre mondiale et nommée en hommage au président Franklin Delano Roosevelt, elle devait servir d’alternative à Pearl Harbor pour la marine américaine côté Atlantique.
Durant la Guerre froide, la base a joué un rôle clé pour surveiller Cuba et contrer l’influence soviétique en Amérique latine. À son apogée, elle s’étendait sur 35 km², possédait une piste d’atterrissage de 3 350 mètres, un port en eau profonde et un réseau de plus de 160 kilomètres de routes intérieures.
Une fermeture motivée par la géopolitique et les coûts
Avec la fin de la Guerre froide et la montée en puissance du Moyen-Orient comme priorité militaire des États-Unis, Roosevelt Roads avait perdu de son importance stratégique. Le site coûtait environ 400 millions de dollars par an à entretenir et provoquait des tensions avec la population locale. Il avait donc été fermé en mars 2004, tout en conservant un rôle symbolique et économique pour le sud de l’île.
Un retour motivé par le Venezuela et la Chine
Aujourd’hui, la réactivation de la base vise à envoyer un message clair à Nicolas Maduro et à renforcer la surveillance du Venezuela, notamment contre le narcotrafic. Des chasseurs F-35, des hélicoptères et des avions de transport de troupes y ont déjà été déployés, et des travaux de rénovation de la piste et des infrastructures sont en cours depuis août 2025.
Selon les experts, cette initiative ne se limite pas au Venezuela. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contrer l’influence grandissante de la Chine et, dans une moindre mesure, de la Russie en Amérique latine. Washington souhaite ainsi renforcer sa présence physique dans la région, au-delà de la base plus modeste de Guantanamo et en coopération avec d’autres points d’appui stratégiques comme Trinité-et-Tobago.
Pour les analystes, cette démarche s’inscrit dans une vision « trumpienne » d’une nouvelle Pax Americana dans les Caraïbes et en Amérique latine, rappelant par certains aspects la doctrine Monroe, avec une présence militaire accrue pour affirmer l’influence des États-Unis dans la région.
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