Le procès de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier, accusé de 12 meurtres par empoisonnement, s’ouvre à Besançon

Frédéric Péchier, ancien anesthésiste, comparaît depuis ce lundi devant la cour d’assises du Doubs. Il est accusé d’empoisonnements volontaires ayant entraîné la mort de 12 patients et touché 18 autres personnes, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques privées de Besançon. Âgés de 4 à 89 ans, les victimes auraient été intoxiquées via des poches de perfusion contaminées.

Jugé libre sous contrôle judiciaire, le médecin, qui clame son innocence, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Plus de 150 parties civiles et une cinquantaine d’avocats sont attendus lors de ce procès-fleuve, dont le verdict est prévu le 19 décembre.

Selon l’accusation, Frédéric Péchier aurait agi par conflit avec ses collègues, en provoquant délibérément des arrêts cardiaques chez des patients dont il n’avait pas la charge initiale, pour ensuite intervenir en sauveur. Les enquêteurs soulignent son « omniprésence » lors des réanimations et la variété des substances utilisées – potassium notamment – pour éviter les soupçons.

La défense, menée par Mes Randall Schwerdorffer et Lee Takhedmit, compte demander l’acquittement, dénonçant une enquête « menée exclusivement à charge » et l’absence de preuves matérielles directes. Pour la première fois, l’accusé pourra « s’expliquer » devant la justice.

Le procès examinera d’abord les cas les plus récents, dont ceux de Sandra Simard et Jean-Claude Gandon, qui ont survécu à des arrêts cardiaques suspects, avant de remonter dans le temps.

Une affaire hors norme, qui interroge les failles des protocoles médicaux et les mécanismes judiciaires face à des crimes médicaux complexes.

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