Le gouvernement acte la suspension de la réforme des retraites
Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron a présidé jeudi 23 octobre un Conseil des ministres exceptionnel pour entériner la suspension de la réforme des retraites, avant de participer à un sommet européen consacré à l’Ukraine.
La décision était attendue : le gouvernement a confirmé la suspension de la réforme des retraites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Cette mesure, très contestée, diffère l’application de la réforme Borne de 2023, qui prévoyait un report progressif de l’âge légal de départ à 64 ans.
Une suspension jusqu’en 2028
Selon la lettre rectificative transmise au Parlement, la réforme est suspendue jusqu’à janvier 2028, repoussant également le relèvement du nombre de trimestres nécessaires pour un départ à taux plein.
Le coût de cette suspension est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027, d’après des chiffres dévoilés par Les Échos et confirmés par l’AFP.
Retraités et mutuelles mis à contribution
Pour compenser ces dépenses, le gouvernement prévoit une hausse de la contribution des organismes complémentaires de santé, qui passerait de 2,05 % à 2,25 % en 2026.
Les pensions de retraite seront également moins revalorisées : la sous-indexation par rapport à l’inflation, initialement fixée à 0,4 point, serait augmentée de 0,5 point supplémentaire en 2027.
Ces choix budgétaires font vivement réagir. La CFDT dénonce des mesures « injustes pour les retraités modestes », tandis que la CGT fustige « un projet scandaleux » qui fait payer aux retraités « une micro-suspension » de la réforme.
Opposition unanime sur le financement
À gauche, La France insoumise dénonce « un jeu de dupes ». « Les retraités partiront trois mois plus tôt mais avec une pension plus faible », critique le député Éric Coquerel, président de la commission des Finances.
Le Rassemblement national, favorable à la suspension, s’oppose lui aussi au financement proposé. « Ils tapent toujours sur les mêmes », a déclaré Marine Le Pen, accusant le gouvernement de faire peser l’effort sur les retraités.
Une suspension temporaire
Mardi encore, Emmanuel Macron avait entretenu la confusion en assurant que la réforme n’était ni « abrogée » ni « suspendue », avant que son entourage ne précise qu’il s’agissait d’une suspension temporaire, la réforme ne pouvant être mise en pause « ad vitam aeternam » compte tenu des besoins de financement du système de retraites.
Le débat parlementaire sur le PLFSS, qui doit débuter lundi, s’annonce donc houleux, alors que la majorité espère convaincre sans rallumer l’incendie social de 2023.
Share this content:



Laisser un commentaire