l’Assemblée nationale valide la partie « recettes » du budget de la Sécurité sociale

L’Assemblée nationale a adopté, vendredi 5 décembre, en deuxième lecture, la partie « recettes » du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Le texte a été approuvé par 166 voix contre 140, un résultat serré qui permet aux députés d’entamer l’examen de la partie « dépenses », dont la très attendue mesure de « suspension » de la réforme des retraites. Le vote final du PLFSS est prévu mardi.

La majorité présidentielle — Renaissance, MoDem — a obtenu le soutien des socialistes et de plusieurs députés Liot. À l’inverse, le Rassemblement national, LFI, l’alliance UDR et les écologistes se sont opposés au texte, tandis que Les Républicains et Horizons ont majoritairement choisi l’abstention.

Ce scrutin stratégique s’est déroulé dans un hémicycle clairsemé : 239 députés ne se sont pas prononcés, parmi lesquels Marine Le Pen (RN), Manuel Bompard (LFI), François Hollande (PS) ou encore Michel Barnier (LR). Ce faible taux de participation n’empêche pas le signal d’alerte adressé au gouvernement, alors que les groupes d’opposition pourraient mobiliser davantage de voix lors du vote global.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, très présent dans l’hémicycle cette semaine, avait rappelé qu’un rejet du volet « recettes » aurait bloqué l’examen de l’ensemble du budget et empêché le débat sur la suspension de la réforme des retraites. Il avait également mis en garde contre une « perte de contrôle » des finances sociales, pouvant conduire à un déficit « de 29 à 30 milliards d’euros » en 2026.

Après des discussions tendues, un compromis a été trouvé jeudi autour d’un amendement prévoyant une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Le gouvernement a par ailleurs renoncé à augmenter les franchises médicales, l’une des mesures les plus controversées du projet.

Pour Marc Fesneau (MoDem), l’adoption de la partie « recettes » constitue « une bonne nouvelle », rendue possible par le travail de négociation mené par le Premier ministre. Un rejet aurait mis fin à l’examen du texte et compromis l’adoption du budget de la Sécurité sociale avant la fin de l’année.

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