Espagne : le président de la région de Valence démissionne un an après les inondations meurtrières

Carlos Mazón, président de la région espagnole de Valence, a annoncé lundi 3 novembre sa démission, un peu plus d’un an après les inondations qui ont ravagé le sud-est de l’Espagne et causé la mort de 237 personnes.

Pression et critiques : une démission attendue

Depuis la catastrophe du 29 octobre 2024, Carlos Mazón était au centre des critiques pour sa gestion des inondations. Cinq jours seulement avant sa démission, il avait été la cible d’insultes lors des funérailles d’État des victimes. Des milliers d’habitants ont régulièrement réclamé sa démission à travers des manifestations.

Lors d’une conférence de presse de vingt minutes, Mazón a reconnu certaines erreurs, notamment de ne pas avoir annulé son agenda le jour de la tragédie : « J’aurais dû avoir la vision politique d’annuler mon agenda et d’aller là-bas ». Il a toutefois dénoncé le gouvernement central de Pedro Sánchez, l’accusant de diffuser des informations erronées et de retarder l’acheminement de l’aide.

Réactions contrastées

La présidente d’une association de victimes, Rosa Álvarez, a critiqué sa sortie : « Ce n’est pas lui qui a démissionné, ce sont les familles des victimes et ceux qui nous ont soutenus qui l’ont fait partir ».

De son côté, le leader national du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, a défendu Mazón comme étant « victime d’une cabale politique et personnelle » et a insisté sur le fait qu’« aucune urgence nationale ne dépend d’une seule personne ».

Des zones d’ombre subsistent

L’un des points les plus controversés reste l’agenda précis de Carlos Mazón le jour des inondations. L’alerte à la population n’a été envoyée que tard dans la soirée, à 20 h 11, alors que de nombreuses victimes avaient déjà perdu la vie.

Selon l’enquête en cours, Mazón a passé quatre heures, de 14 h 45 à 18 h 45, à déjeuner avec une journaliste pour lui proposer un poste, tout en ne répondant pas à plusieurs appels des autorités. La dernière heure de son absence reste mystérieuse, et la journaliste, Maribel Vilaplana, a confirmé avoir été raccompagnée par Mazón dans un parking éloigné du siège de la présidence.

Cette démission marque la fin d’une longue période de polémique et relance les questions sur la gestion des catastrophes naturelles en Espagne.

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