En Pologne, des adolescents lancent une « patrouille » sexiste sur les réseaux sociaux
Depuis l’été 2025, un phénomène inquiétant a émergé en Pologne : de jeunes garçons, parfois encore collégiens, s’organisent en groupes pour harceler des adolescentes dans l’espace public, en les accusant de s’habiller de manière « provocante ». Se faisant appeler Szon Patrol – un terme insultant pouvant se traduire par « patrouille des salopes » – ces groupes se présentent comme une sorte de police autoproclamée de la décence.
Harcèlement filmé et diffusé sur TikTok
Le mode opératoire est toujours le même : après avoir ciblé une jeune fille dans la rue ou dans un centre commercial, les membres de la Szon Patrol l’interpellent et la filment en lui lançant des remarques sexistes sur son apparence, prétendant l’« inviter à se respecter ». Les vidéos sont ensuite publiées sur TikTok, parfois accompagnées de hashtags viraux. Depuis l’été, plus de 12 000 contenus liés à ce mouvement ont été partagés.
Le phénomène s’étend à tel point que certaines adolescentes commencent elles-mêmes à reproduire ce comportement, en se filmant lors d’interpellations similaires. Selon des psychologues, cette réaction peut être perçue comme un mécanisme de défense : se ranger du côté des agresseurs pour éviter d’en devenir la cible.
Des conséquences dramatiques pour les jeunes victimes
Derrière l’apparence de « défis » ou de « contenus viraux », ce mouvement a des répercussions profondes sur les victimes. Être filmée sans son consentement et moquée en ligne peut provoquer un véritable traumatisme, surtout chez les plus jeunes. Certaines adolescentes ont développé une phobie scolaire, une peur de sortir de chez elles, ou ont vu leur estime de soi s’effondrer. Des cas de tentatives de suicide ont même été signalés.
Face à cette vague de cyberharcèlement, le Défenseur des droits de l’enfant en Pologne a appelé TikTok et Meta à agir rapidement pour freiner la diffusion de ces contenus.
Des initiatives citoyennes pour riposter autrement
Face à cette escalade sexiste, des contre-mouvements ont vu le jour. Certaines jeunes femmes ont créé leurs propres patrouilles pour dénoncer, cette fois, les comportements toxiques de certains garçons. Si ces actions suscitent le débat, d’autres initiatives misent sur une réponse pacifique et bienveillante.
C’est le cas de la Schön Patrol – « schön » signifiant « beau » en allemand – lancée par trois journalistes de la télévision publique polonaise. Équipées elles aussi de gilets jaunes, elles sillonnent les rues pour offrir des fleurs et des compliments aux passants, dans une démarche résolument positive. Une façon poétique et engagée de faire barrage à la haine et au harcèlement en ligne.
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