En Iran, l’effondrement du rial alimente une flambée de l’inflation

La chute historique de la monnaie iranienne provoque une nouvelle flambée des prix et ravive la colère sociale. À Téhéran, de nombreux commerçants ont gardé leurs boutiques fermées pour le deuxième jour consécutif, lundi 29 décembre, afin de protester contre la vie chère, conséquence directe de l’effondrement du rial.

Pour les ménages iraniens, la dépréciation de la monnaie nationale a un effet immédiat : une hausse brutale des prix, en particulier pour les produits importés. Face à cette instabilité, de nombreux commerçants préfèrent suspendre leurs ventes, tandis que les consommateurs retardent leurs achats dans l’attente d’une éventuelle stabilisation. Résultat, l’activité économique se retrouve en grande partie paralysée.

Le pays est confronté depuis plusieurs années à une inflation galopante. Officiellement, les prix ont augmenté de 52 % sur un an, mais de nombreux observateurs estiment que la hausse réelle est bien supérieure. Les produits de première nécessité, comme le pain ou le lait, ont vu leurs tarifs s’envoler, mettant sous pression le pouvoir d’achat d’une large partie de la population.

Cette nouvelle crise monétaire s’inscrit dans un contexte déjà très dégradé. En septembre 2025, l’ONU a rétabli les sanctions internationales liées au programme nucléaire iranien. Ces mesures ont porté un coup sévère à l’économie du pays, notamment en limitant les exportations de pétrole, principale source de devises étrangères. La raréfaction des entrées de dollars a accentué l’affaiblissement du rial et alimenté la spirale inflationniste.

Selon des témoignages relayés par des médias iraniens, les manifestants demandent aux autorités d’intervenir sur les taux de change et d’apporter plus de clarté à la stratégie économique du pays. Mardi 30 décembre, le président Massoud Pezeshkian a appelé le gouvernement à entendre les revendications « légitimes » des protestataires, dans un contexte social et économique de plus en plus tendu.

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