Colombie : Bogota dénonce une « menace d’invasion » américaine après une déclaration de Donald Trump

Les tensions diplomatiques s’intensifient entre les États-Unis et la Colombie. Lundi 20 octobre, Bogota a dénoncé une « menace d’invasion » suite à des propos tenus la veille par Donald Trump. Le président américain a évoqué une possible intervention militaire si la Colombie ne mettait pas fin « immédiatement » à la production de drogue.

Le gouvernement colombien a qualifié ces déclarations d’ »extrêmement graves ». Le ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti, a affirmé sur Blu Radio qu’il s’agissait d’une véritable « menace d’invasion ou d’action militaire contre la Colombie », marquant un tournant inquiétant dans les relations bilatérales.

Rappel de l’ambassadeur colombien à Washington

Face à cette escalade verbale, le gouvernement de Gustavo Petro a décidé de rappeler son ambassadeur aux États-Unis, Daniel García Peña, pour consultations. Ce dernier est désormais de retour à Bogota, selon un communiqué du ministère colombien des Affaires étrangères.

Les propos de Donald Trump, publiés dimanche sur sa plateforme Truth Social, visaient directement le président colombien : « Gustavo Petro ne fait rien pour arrêter la production de drogue. C’est un baron de la drogue qui encourage fortement la production massive de stupéfiants », a-t-il écrit.

Suspension partielle de l’aide américaine

Dans le même message, Donald Trump a également annoncé la suspension de l’aide financière américaine à la Colombie — sans en préciser les modalités. Une décision qui pourrait avoir de lourdes conséquences : en 2023, la Colombie a reçu plus de 740 millions de dollars d’aide américaine, dont la moitié destinée à la lutte contre le narcotrafic. Le reste finance des programmes humanitaires, de développement et d’aide alimentaire.

Frappes américaines en mer des Caraïbes

Dans un climat déjà tendu, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé dimanche une frappe aérienne survenue le 24 octobre dans la mer des Caraïbes. Un navire suspecté d’être lié à la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) — et supposé transporter de la drogue — a été visé. Trois personnes ont été tuées. Washington n’a pas précisé si la frappe avait été coordonnée avec les autorités colombiennes.

Petro dénonce une politique de « contrôle géopolitique »

En réaction, le président Gustavo Petro a dénoncé, via le réseau social X (ex-Twitter), une politique antidrogue américaine « hypocrite », qui aurait « provoqué un million de morts en Amérique latine ». Il a accusé les États-Unis d’utiliser la lutte contre le trafic de stupéfiants comme « prétexte pour contrôler la région », notamment dans le but « d’obtenir le pétrole bon marché du Venezuela ».

La crise actuelle marque un point bas inédit dans les relations entre les deux pays, traditionnellement alliés. L’élection de Gustavo Petro, premier président de gauche de Colombie, et le retour de Donald Trump à la présidence américaine, semblent désormais placer Bogota et Washington sur une trajectoire de confrontation.

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