Cambriolage au Louvre : 88 millions d’euros de préjudice estimé, un choc pour le patrimoine
Le préjudice financier du spectaculaire vol de bijoux au musée du Louvre, survenu dimanche dernier, s’élève à 88 millions d’euros, selon la procureure de Paris Laure Beccuau. Un chiffre vertigineux qui ne prend toutefois pas en compte la valeur historique inestimable des pièces dérobées dans la célèbre galerie d’Apollon.
« Il s’agit d’une somme extrêmement spectaculaire, mais qui ne reflète pas le préjudice historique », a déclaré la procureure ce mardi sur RTL.
Enquête en cours : quatre suspects, des empreintes en analyse
Les enquêteurs poursuivent l’exploitation des empreintes retrouvées sur les lieux du cambriolage. Quatre personnes ont été identifiées comme présentes dans le musée au moment des faits, mais les autorités n’excluent pas l’existence de complices.
« Autour d’eux, il y a sans doute tout un réseau logistique », a précisé Mme Beccuau, évoquant la complexité de l’opération.
Le véhicule-nacelle ayant permis aux voleurs d’accéder au musée aurait été loué sous un faux prétexte de déménagement. Un employé de l’entreprise concernée, venu vérifier l’utilisation du matériel, a été intimidé par deux hommes « menaçants », sans être agressé physiquement.
La sécurité du musée en question
Ce cambriolage sans effraction ni blessés pose la question de la sécurité au sein du musée le plus visité du monde. La présidente-directrice du Louvre, Laurence des Cars, doit être entendue mercredi par la commission des affaires culturelles du Sénat. Elle devra s’expliquer sur les dispositifs de surveillance et la résistance des vitrines, remises en cause par un article du Canard enchaîné.
Le musée s’est défendu dans un communiqué transmis à l’AFP :
« Les vitrines installées en décembre 2019 représentaient un progrès considérable en matière de sécurité, remplaçant des équipements obsolètes qui auraient nécessité le retrait des œuvres. »
Le ministère de la Culture assure : « Pas de défaillance »
La ministre de la Culture, Rachida Dati, a affirmé à l’Assemblée nationale que les dispositifs de sécurité n’avaient pas été défaillants. Elle a annoncé la mise en place d’une mission nationale sur la sécurité des lieux patrimoniaux, confiée au député Jérémie Patrier-Leitus.
Une enquête administrative a également été lancée par l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC), a indiqué mardi le cabinet de la ministre aux représentants syndicaux du musée.
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme
Lors de cette réunion, les syndicats ont dénoncé une baisse de 25 % des effectifs de sécurité en dix ans, ainsi qu’un désengagement budgétaire en faveur de projets muséaux au détriment de la sûreté.
« Il y a les œuvres, certes, mais sans les cinq agents présents sur place, on aurait pu vivre un drame humain », a rappelé Gary Guillaud (CGT-Culture), saluant l’absence de blessés lors du vol.
Ce vol d’une ampleur exceptionnelle remet en lumière les défis de la protection du patrimoine culturel en France, à l’heure où les moyens humains et matériels des musées sont de plus en plus contraints.
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