Bolivie : la Cour suprême annule la peine de dix ans de l’ex-présidente Jeanine Añez

La justice bolivienne a annulé la condamnation à dix ans de prison prononcée contre l’ancienne présidente Jeanine Añez, accusée d’avoir orchestré un « coup d’État » en 2019 contre Evo Morales, a annoncé mercredi 5 novembre le président de la Cour suprême de justice, Romer Saucedo.

Jeanine Añez, qui avait pris la tête du pays après la démission de Evo Morales en novembre 2019 à la suite de manifestations violentes et de la défection de l’armée et de la police, avait été condamnée en juin 2022. Les partisans de Morales l’accusaient d’avoir renversé le pouvoir de manière illégale.

« Il a été ordonné l’annulation de la condamnation […] de 10 ans », a déclaré Romer Saucedo, précisant que sa libération devrait intervenir dans la journée. L’affaire devra désormais faire l’objet d’un « procès de responsabilités », réservé aux anciens fonctionnaires et nécessitant l’autorisation préalable du Parlement.

Détenue depuis 2021, Jeanine Añez, 58 ans, avait réagi sur X la veille : « Je ne regretterai jamais d’avoir servi ma patrie lorsqu’elle avait besoin de moi. Les décisions difficiles ont un prix », a-t-elle écrit.

Selon le président de la Haute Cour, le jugement initial présentait « des violations de l’ordre juridique en vigueur, ainsi que des atteintes à ses droits ». La décision doit maintenant être transmise à un juge de La Paz pour organiser sa libération.

Cette annulation survient alors que le Parlement, désormais dominé par des partis de droite, pourrait limiter de nouvelles poursuites liées à la mort de manifestants sous la présidence de Jeanine Añez. Le sénateur Branko Marinkovic, ancien ministre de l’ex-cheffe d’État, a salué cette décision comme « la fin d’une période d’abus ».

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