Agnès Pannier-Runacher reconduite à la Transition écologique : une fidèle de la macronie au parcours marqué par les turbulences

Ministre sans interruption depuis 2018, Agnès Pannier-Runacher a été reconduite ce dimanche pour la troisième fois à la tête du ministère de la Transition écologique. Fidèle d’Emmanuel Macron, elle incarne l’aile gauche de la majorité présidentielle et s’est imposée comme une figure constante des gouvernements successifs. Mais son nouveau mandat s’annonce encore une fois contraint, dans un contexte de recul des politiques environnementales.

Une longévité rare au sein des gouvernements Macron

Âgée de 51 ans, cette haute-fonctionnaire passée par HEC, Sciences Po et l’ENA a occupé de nombreux postes ministériels depuis 2018 : Économie, Industrie, Transition énergétique, Agriculture… Son engagement en politique remonte à 2017, lorsqu’elle soutient Emmanuel Macron, rencontré une décennie plus tôt. Elle entre au gouvernement en octobre 2018, par la petite porte, comme secrétaire d’État à l’Économie.

C’est à l’Industrie, à partir de 2020, qu’elle se fait connaître, gérant à la fois la crise des fermetures d’usines et les pénuries liées à la pandémie de Covid-19. Deux ans plus tard, elle devient ministre de la Transition énergétique, où elle pilote la stratégie énergétique de la France, entre relance du nucléaire, flambée des prix de l’électricité et menace de coupures hivernales.

Un portefeuille écologique amputé… puis élargi

En septembre 2024, elle est nommée ministre de la Transition écologique sous Michel Barnier, puis reconduite par François Bayrou en décembre. Mais entretemps, le ministère a perdu un pan stratégique : l’énergie, transférée à un autre portefeuille. À la place, elle hérite des dossiers de la mer, de la forêt et de la pêche — symboles, pour certains, d’une écologie « diluée ».

Malgré un contexte politique peu favorable à l’environnement, elle parvient à faire adopter le troisième plan national d’adaptation au changement climatique, tout en défendant bec et ongles son budget face aux coupes annoncées. À l’automne, elle n’hésite pas à brandir la menace de sa démission.

Une ministre de combat face aux reculs écologiques

Connue pour son opiniâtreté, Agnès Pannier-Runacher a dû faire face à plusieurs arbitrages gouvernementaux défavorables à l’environnement, notamment sur la loi Duplomb sur l’agriculture. Elle s’y est opposée publiquement, tout comme elle a critiqué la ligne de Bruno Retailleau, qualifiant d’ »irresponsable » sa proposition de couper les subventions aux énergies renouvelables.

Elle s’est également illustrée par la défense constante d’organismes publics environnementaux tels que l’Ademe ou l’OFB, souvent pris pour cible par la droite et même par François Bayrou.

« Un combat qui n’est pas mené est un combat perdu d’avance », affirmait-elle en 2023. En septembre dernier, elle proposait de renommer son ministère « ministère de l’urgence écologique », estimant que le mot « transition » était devenu trop flou pour les Français.

Une technicienne respectée… qui a désormais un ancrage électoral

Diplômée des plus grandes écoles, passée par la haute fonction publique (Inspection des finances, AP-HP, Caisse des dépôts, BpiFrance), elle a aussi une expérience du secteur privé, notamment chez Faurecia et la Compagnie des Alpes.

Sur la scène internationale, elle a représenté la France à la COP28 de Dubaï, où elle a défendu le nucléaire comme levier de décarbonation. En revanche, elle a boycotté la COP29 à Bakou, dénonçant les attaques du président azerbaïdjanais contre la France.

C’est en 2024, après plusieurs tentatives infructueuses, qu’elle obtient enfin un mandat électoral en remportant une circonscription à Arras face au Rassemblement national, à la suite de la dissolution. Elle ne siègera finalement pas à l’Assemblée, rappelée une nouvelle fois au gouvernement.

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