À Paris, un défilé festif pour dénoncer la répression des free-parties
Paris, samedi 18 octobre – Des milliers de teufeurs ont envahi les rues de la capitale ce samedi pour protester contre ce qu’ils dénoncent comme une répression croissante des free-parties, ces fêtes électro gratuites et non déclarées, de plus en plus visées par les autorités.
Sous le mot d’ordre « Contre l’oppression, on monte le son », une dizaine de camions équipés de puissants sound-systems ont animé le cortège, traversant le centre de Paris dans une ambiance festive, mais résolument revendicative.
Une culture menacée par des interdictions et des saisies
Ces derniers mois, plusieurs préfectures ont adopté des arrêtés interdisant pour un an les « rassemblements musicaux illicites », invoquant des incidents ou des enjeux de santé publique. En mars dernier, une quarantaine de députés de la majorité présidentielle ont même déposé une proposition de loi visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de ces événements.
« Aujourd’hui, même une fête à 60 personnes devient impossible. On nous bloque, on saisit notre matériel », témoigne Manu, venu de l’Ariège avec son estafette transformée en sound-system. « On est en autonomie totale et ils n’aiment pas trop ça », déplore-t-il.
Une communauté soudée et déterminée
Malgré l’absence de leader ou de structure hiérarchique, les participants affichent une unité forte autour de leurs valeurs : liberté, autonomie, accès gratuit à la fête, et opposition à la marchandisation de la culture.
« Moins de répression, plus de caissons« , « Le dernier rempart de la culture sera un mur du son », proclamaient plusieurs pancartes dans le cortège.
« On aimerait vivre notre mouvement sans se faire taper dessus, physiquement ou financièrement », affirme « Agathe », membre d’un collectif du sud de la France, qui voit dans les free-parties une démarche anticonsumériste et une « soupape » pour de nombreux jeunes.
« Tout le monde n’est pas fait pour les clubs, ni n’en a les moyens », ajoute « Fabrice », croisé dans le défilé. « On a besoin de faire la fête librement. »
Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée
Cette manifestation fait suite à une première mobilisation en avril dans plusieurs villes de France. Le mouvement, nourri par un sentiment d’injustice croissant, entend continuer à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une stigmatisation culturelle et sociale.
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