L’Assemblée nationale vote une taxe sur l’hexane, un solvant neurotoxique utilisé dans l’agroalimentaire
Les députés ont adopté, dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale, la création d’une taxe sur l’hexane, un solvant issu du pétrole et classé comme « neurotoxique avéré ». Utilisé massivement par l’industrie agroalimentaire pour extraire les huiles végétales, l’hexane fait l’objet de vives inquiétudes sanitaires en raison de ses résidus détectés dans de nombreux produits du quotidien.
Une taxe pour encourager la transition vers des alternatives
La mesure, votée à l’Assemblée nationale, instaure une taxe de 0,003 euro par litre. Son produit doit financer l’accompagnement des industriels vers des procédés alternatifs et des campagnes de prévention.
L’hexane est notamment employé pour l’extraction d’huiles de soja, de tournesol ou de colza, ainsi que pour la production de tourteaux destinés à l’alimentation animale.
Des résidus dans les aliments
Selon une étude publiée par Greenpeace, des traces d’hexane auraient été détectées dans près des deux tiers des produits testés, parmi lesquels des huiles végétales, du lait ou du beurre. L’ONG alerte sur la présence persistante de ce solvant dans l’alimentation et sur ses effets potentiels sur la santé humaine.
Un produit classé « neurotoxique avéré »
Au début du mois d’octobre, une trentaine de médecins et de scientifiques ont publié dans Le Monde une tribune appelant à une réglementation plus stricte, voire à une interdiction pure et simple de l’hexane.
Ils y rappelaient que le solvant est un neurotoxique reconnu, suspecté également d’être perturbateur endocrinien et toxique pour le système reproducteur.
Les signataires soulignaient la hausse des maladies neurodégénératives et des troubles endocriniens, comme l’obésité infantile ou l’infertilité masculine, plaidant pour une réduction des risques « à la source et dans l’assiette ».
Les industriels se défendent
Les acteurs de l’industrie agroalimentaire contestent les conclusions de Greenpeace, affirmant que les résidus d’hexane restent en deçà des seuils autorisés. Ces limites pourraient toutefois être révisées : en 2024, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a recommandé une réévaluation de la sûreté de ce solvant pétrochimique.
« Ouvrir la voie à l’interdiction »
À l’origine de cette mesure, le député MoDem Richard Ramos assume vouloir aller plus loin :
« Nous voulons ouvrir la voie à l’interdiction de l’hexane, du pétrole dans nos assiettes depuis quarante ans », a-t-il déclaré.
Cette décision parlementaire marque une première étape dans la remise en question d’un procédé industriel omniprésent mais de plus en plus controversé, à l’intersection des enjeux de santé publique et de transition écologique.
Share this content:



Laisser un commentaire