Royaume-Uni : un rapport dénonce le « racisme systémique » au sein de la police londonienne

Un rapport indépendant publié vendredi 7 novembre accuse la police londonienne de « racisme systémique » et met en lumière des difficultés structurelles persistantes dans la lutte contre la discrimination raciale. Cette enquête, commandée à la suite d’une étude de 2023 qui concluait que la Metropolitan Police (Met) était « institutionnellement raciste, sexiste et homophobe », souligne les conséquences du racisme sur les agents eux-mêmes et sur les citoyens qu’ils sont censés protéger.

Intitulé « 30 Patterns of Harm » (30 types de préjudices) et rédigé par Shereen Daniels, experte en ressources humaines, le rapport analyse pourquoi la police londonienne peine à se réformer. Selon l’auteure, le racisme se manifeste d’abord en interne : les agents noirs sont plus souvent jugés « agressifs » par les services RH que leurs collègues blancs. À l’extérieur, la police applique des pratiques discriminatoires, notamment les fouilles au corps, en considérant la couleur de peau comme un facteur « probable » de délinquance.

« Ceci n’est pas un décompte d’incidents isolés, le racisme est récurrent », souligne Shereen Daniels, dénonçant une institution réticente au changement.

Les scandales récents ont affaibli la confiance du public dans la Met. Le meurtre de Sarah Everard en 2021 par un policier en service a provoqué une onde de choc. Plus anciennement, le meurtre de l’adolescent noir Stephen Lawrence en 1993 avait déjà révélé le racisme institutionnel au sein de la police, mais les réformes recommandées n’ont pas été pleinement mises en œuvre.

Des révélations récentes, comme celles diffusées par la BBC le mois dernier, ont montré des policiers tenant des propos racistes, sexistes et anti-immigrés dans un commissariat du centre de Londres, entraînant le licenciement de cinq agents.

Shereen Daniels insiste : les réformes ne doivent pas se limiter à des promesses, mais se traduire par des changements tangibles dans le quotidien des Londoniens noirs et du personnel de la police.

Le commissaire en chef de la Met admet que l’institution reste en retard dans la lutte contre le racisme, mais affirme vouloir poursuivre ses efforts. L’Association des policiers noirs reste sceptique, dénonçant des engagements répétés suivis d’un abandon dès que la pression médiatique retombe.

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