Soudan : au moins 40 morts à El-Obeid, la guerre se concentre désormais sur le Kordofan

Au Soudan, les violences continuent de s’intensifier dans le centre du pays. Une attaque survenue mardi à El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, a fait au moins 40 morts, selon l’ONU. La ville stratégique, peuplée il y a un an d’environ 60 000 habitants dont il ne reste qu’un millier, est désormais un théâtre majeur des affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR).

L’attaque a visé un enterrement et s’inscrit dans le cadre d’une offensive des FSR qui contrôlent désormais plusieurs zones du Kordofan, région clé reliant le Darfour à Khartoum. Selon le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), des dizaines de personnes ont également été blessées.

Massacres et exactions dans le Darfour

Les violences se poursuivent également au Darfour-Nord. Depuis la chute d’El-Facher aux mains des paramilitaires le 26 octobre, l’ONU fait état de massacres, de viols, de pillages et de déplacements massifs de population. Des frappes aériennes et des attaques par drones ont été rapportées, bien que le bilan reste difficile à établir en raison de l’accès limité au terrain.

Amira, réfugiée à Tawila, décrit la situation dramatique : « C’étaient des viols collectifs en public, devant tout le monde, et personne ne pouvait les arrêter ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce également les attaques contre les structures sanitaires, signalant la mort de quatre personnes, dont des enfants, à l’hôpital pédiatrique de Kernoi, près de la frontière tchadienne.

Appels à la paix et poursuite des combats

Mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté les belligérants à négocier pour mettre fin à « ce cauchemar de violence ». Mais les autorités pro-armées ont annoncé que la guerre se poursuivrait, affirmant que les préparatifs pour « la bataille du peuple soudanais » continuaient.

Le Conseil de souveraineté, dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhane, a présenté un plan visant à faciliter l’aide humanitaire et à restaurer la sécurité dans tout le pays. Cependant, les propositions de médiateurs internationaux, notamment un plan de trêve humanitaire sous l’égide du Quad (États-Unis, Égypte, Arabie saoudite, Émirats arabes unis), n’ont jusqu’à présent pas abouti.

Depuis la chute d’El-Facher, plus de 71 000 civils ont fui la ville, dont environ 12 000 à Tawila. La guerre a déjà fait des dizaines de milliers de morts et près de 12 millions de déplacés, selon l’ONU. L’Unicef alerte sur la situation sanitaire des populations déplacées : 14,6 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère.

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