Géorgie : l’Union européenne dénonce une dérive autoritaire, la jeunesse pro-européenne s’indigne
Le rapport de l’Union européenne sur l’élargissement, publié le mardi 4 novembre, tire la sonnette d’alarme sur la situation politique en Géorgie. Selon Bruxelles, le pays connaît une dérive autoritaire sans précédent sous le parti au pouvoir, le Rêve géorgien : démantèlement de l’État de droit, contrôle politique des institutions et emprisonnement de leaders de l’opposition. L’ambassadeur de l’UE à Tbilissi, Paweł Herczyński, qualifie le diagnostic de « dévastateur », estimant que la candidature de la Géorgie à l’Union européenne n’est plus crédible.
La jeunesse pro-européenne, très mobilisée, exprime sa colère. Ninuca, musicienne de 31 ans, participe à toutes les manifestations contre le Rêve géorgien. « C’est décevant de voir un pays considéré comme un modèle pour l’intégration européenne prendre un virage qui l’éloigne de l’UE. La position de Bruxelles est compréhensible », confie-t-elle. Plusieurs de ses amis ont été emprisonnés pour avoir participé à des manifestations, renforçant sa détermination.
« Le gouvernement a annoncé mettre les négociations et réformes pro-européennes sur pause jusqu’en 2028, mais en réalité il sabote volontairement nos chances d’adhérer à l’UE », déplore-t-elle.
Giorgi Melachvili, co-fondateur de l’institut de recherche Europe-Géorgie, critique également la stratégie du pouvoir. « Le Rêve géorgien veut prendre le contrôle total des institutions et du système judiciaire pour éloigner le pays de l’Europe et le pousser vers l’isolement. Ce n’est pas le choix du peuple, mais celui du parti au pouvoir », dénonce-t-il.
Malgré les appels de l’UE à revenir sur la voie européenne, les jeunes manifestants, comme Ninuca, restent déterminés : ils continueront à descendre dans la rue jusqu’à ce que le gouvernement change de cap.
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