Mayotte : colère des enseignants face aux retards de salaires, des écoles bloquées

À Mayotte, des enseignants se mobilisent depuis plusieurs jours contre les retards de salaires. Principalement des contractuels, certains n’ont pas été payés depuis un à trois mois, fragilisant la scolarité des élèves déjà affectés par le cyclone Chido et la destruction de nombreuses écoles. Selon le rectorat, 350 agents sont concernés, tandis que les syndicats estiment leur nombre à 1 000.

Écoles bloquées et grève en cours

Depuis le lundi 3 novembre, les 1 600 élèves du collège de Mtsamboro n’ont pas cours. Les grilles de l’établissement sont cadenassées et enseignants et parents ont annoncé leur intention de poursuivre le mouvement tant que tous les enseignants ne seront pas rémunérés.

Témoignages d’enseignants en difficulté

Roméo*, enseignant contractuel, n’a pas été payé depuis juillet. Faute de revenus, sa banque a clôturé son compte. « C’est très compliqué. Aujourd’hui, je me retrouve avec quatre mois de loyer impayés », explique-t-il. « J’ai une femme, des enfants au Maroc dont je dois payer les charges… je dois payer le loyer et les factures. »

Lina, une autre enseignante contractuelle venue de l’Hexagone, n’a reçu depuis la rentrée que des acomptes. « C’est honteux. Je fais ce métier par vocation et je pensais que la fonction publique offrait une sécurité », confie-t-elle. « Je ne pensais pas me retrouver dans une telle précarité après mes études et mon engagement professionnel. »

Des contractuels majoritaires dans le second degré

À Mayotte, 61 % des enseignants du second degré sont des contractuels. Le territoire, déjà confronté à un problème d’attractivité pour les enseignants, pourrait voir ces difficultés accentuées par ces retards de salaires. Le rectorat justifie la situation par la transmission tardive des contrats de travail aux nouveaux professeurs.

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