Municipales à Lyon : Grégory Doucet lance sa campagne face à un Jean-Michel Aulas en position de force
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a officiellement lancé mardi sa campagne pour un second mandat, dans un contexte politique difficile marqué par la montée en puissance de Jean-Michel Aulas et la division de la gauche.
Élu en 2020 à la tête de la troisième ville de France, l’ancien cadre humanitaire de 52 ans s’était imposé au second tour d’une triangulaire. Cinq ans plus tard, il affrontera un adversaire de taille : l’ex-président emblématique de l’Olympique lyonnais, qui a réussi à fédérer la droite et le centre, avec le soutien de LR, Renaissance et le Modem.
Aulas largement en tête dans les sondages
Deux récents sondages placent Jean-Michel Aulas autour de 47 % des intentions de vote au premier tour, loin devant Grégory Doucet, crédité de 23 à 24 %. Le maire sortant serait également nettement battu au second tour (39 %), selon ces enquêtes.
Conscient du rapport de force, le candidat écologiste a choisi de « changer de rythme ». Entouré mardi des responsables locaux du PS, PCF et Place Publique, il a annoncé l’union de la gauche et des écologistes et le lancement d’une campagne de terrain.
« Nous sommes une équipe municipale sortante, il n’y a pas d’urgence », a tempéré la députée socialiste Sandrine Runel, tout en assurant que le camp Doucet ne cédera « ni à la panique ni aux pressions » de son rival.
Une campagne « de conquête »
Les écologistes reconnaissent toutefois que la bataille s’annonce serrée. « Les sondages confirment que Jean-Michel Aulas est perçu positivement », admet Valentin Lungenstrass, adjoint au maire et codirecteur de campagne. « On ne pourra pas se contenter d’une campagne de sortant, il faudra se donner à fond et proposer de nouvelles choses. »
Dès mardi, des militants ont commencé à tracter dans le centre-ville, tandis que le camp Aulas mène campagne depuis fin septembre. « Nous aurons, nous aussi, beaucoup de militants », affirme M. Lungenstrass, qui s’inquiète davantage des « moyens hors norme » de l’ancien chef d’entreprise, dont le patrimoine est estimé à 450 millions d’euros (source : Challenges).
La gauche divisée par LFI
Autre difficulté pour Grégory Doucet : la décision de La France insoumise (LFI) de présenter sa propre candidate, Belouassa-Cherifi, pourtant alliée de la majorité municipale actuelle. Donnée à 10 à 15 % des intentions de vote, elle n’exclut pas un ralliement au second tour.
« LFI fait ses choix, comme dans d’autres villes », a réagi Sandrine Runel. Le maire sortant, lui, préfère relativiser : « Nous faisons une campagne lyonnaise. Les considérations nationales, nous les laissons de côté. »
Pour les écologistes, les prochains mois s’annoncent « intenses ». « Il faudra être sur le terrain tout le temps », confie Emma, militante du 9e arrondissement. Le « match » entre Doucet et Aulas, déjà lancé, s’annonce bel et bien serré.
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