Terres rares : Bruxelles convoque une réunion de crise après les restrictions imposées par la Chine

Face aux nouvelles restrictions chinoises sur les exportations de terres rares, la Commission européenne organise une réunion d’urgence ce lundi 20 octobre afin d’évaluer les conséquences pour les industries européennes stratégiques. Une initiative menée par Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission en charge des dossiers industriels.

Une visioconférence avec les secteurs les plus exposés

Selon une source proche de son cabinet, Stéphane Séjourné réunira par visioconférence les représentants de plusieurs secteurs clés : automobile, défense, énergie éolienne, chimie, et transformation minière. Objectif : mesurer l’impact économique des décisions de Pékin et discuter d’éventuelles mesures de riposte à l’échelle européenne.

Les conclusions de cette réunion seront partagées dès mardi avec les autres commissaires européens lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Bruxelles collabore également avec ses partenaires du G7 pour élaborer une réponse coordonnée face à ce nouveau front dans la guerre commerciale.

Pékin renforce son contrôle sur les terres rares

La décision de la Chine intervient dans un contexte de tensions économiques croissantes avec les États-Unis. Premier producteur mondial de terres rares, Pékin a récemment renforcé les restrictions sur l’exportation de technologies liées à leur exploitation et leur transformation, sous prétexte de protéger la sécurité nationale.

Ces matériaux sont indispensables à la production de composants électroniques, de batteries, de moteurs électriques ou encore de missiles, rendant la dépendance occidentale à la Chine particulièrement critique. L’Union européenne a déjà exprimé publiquement son inquiétude, estimant que ces restrictions pourraient forcer certaines entreprises européennes à suspendre leur production et perturber fortement les chaînes d’approvisionnement.

Vers une stratégie européenne sur les matières premières ?

Depuis avril dernier, la Chine avait déjà mis en place un système de licences à l’exportation pour certaines terres rares, suscitant une première vague d’inquiétudes. La réunion de ce lundi pourrait ainsi constituer une étape vers une riposte européenne plus structurée, au moment où Bruxelles pousse à la souveraineté industrielle et énergétique.

Cette crise met en lumière l’urgence pour l’Europe de diversifier ses sources d’approvisionnement et de développer ses propres capacités d’extraction et de transformation, notamment dans le cadre de sa stratégie sur les matières premières critiques.

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