Affaire Bétharram : la congrégation confirme l’indemnisation de toutes les victimes
La congrégation des pères de Bétharram, impliquée dans un vaste scandale de violences sexuelles sur mineurs au sein de son établissement béarnais, a annoncé lundi 13 octobre qu’elle indemniserait toutes les victimes, qu’elles soient victimes d’agressions sexuelles ou de violences commises par des membres religieux ou laïcs.
En mars dernier, l’ordre franco-italien avait reconnu sa responsabilité dans ces faits, qui ont donné lieu à plus de 200 plaintes individuelles, pour la plupart prescrites. Depuis, la congrégation travaille avec l’Institut francophone pour la Justice et la Démocratie (IFJD) et la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR) – créée par l’Église catholique en 2021 – pour organiser les indemnisations.
Une indemnisation élargie et des premières compensations prévues en 2026
Selon Magalie Besse, directrice de l’IFJD, les discussions ont récemment permis d’élargir le mandat de la CRR afin d’inclure les violences commises par des laïcs, répondant ainsi aux revendications des victimes. « Que certaines victimes aient déjà été indemnisées tandis que d’autres ne l’ont pas été est perçu comme une injustice », explique-t-elle, soulignant les tensions entre différents collectifs.
La congrégation prévoit d’abonder son fonds de réparation d’ici la fin de l’année, avec un début des premières indemnisations programmé pour début 2026.
Un barème d’indemnisation clair et un patrimoine évalué à 5 millions d’euros
La CRR a mis en place un système d’évaluation de la gravité et des conséquences des violences sexuelles. Le montant moyen des compensations s’élève à 34 000 euros, avec un plafond fixé à 60 000 euros. Bien que ce plafond soit mal accepté par certaines victimes, il reste « bien supérieur aux réparations judiciaires classiques », précise Magalie Besse.
Un audit du patrimoine immobilier de la congrégation estime sa valeur à environ 5 millions d’euros, sous réserve de la possibilité effective de vente des biens. À ce jour, 900 000 euros ont déjà été versés à des victimes.
Les violences physiques exclues pour le moment de la réparation
Les victimes de violences physiques ne seront pas indemnisées dans un premier temps par la CRR. L’IFJD mène une enquête indépendante qui doit définir un mécanisme spécifique pour ces cas, prévu dans un second temps.
Contexte judiciaire
Les plaintes portent sur des faits commis entre 1957 et 2004 par quinze prêtres – la plupart décédés – et quatre laïcs. Deux affaires seulement ne sont pas prescrites, conduisant à la mise en examen pour viol et agression sexuelle d’un ancien surveillant de l’établissement.
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