Gouvernement Lecornu II : Les Républicains refusent d’y participer, mais promettent un soutien « texte par texte »

La droite refuse de franchir le pas. Réunis en bureau politique ce samedi, Les Républicains (LR) ont tranché : ils ne participeront pas au deuxième gouvernement formé par Sébastien Lecornu. Le parti a toutefois choisi d’apporter un soutien « texte par texte » à l’exécutif, écartant pour l’heure toute idée de blocage systématique.

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, la direction du parti explique que « la confiance et les conditions ne sont pas réunies pour que Les Républicains participent au gouvernement », tout en assurant vouloir « que cela fonctionne ». Une position adoptée « à une large majorité » par les membres du bureau politique.

Une droite divisée, mais unifiée derrière Retailleau

Cette décision survient après de vives divergences au sein des parlementaires LR. Les sénateurs, majoritairement opposés à une entrée au gouvernement, se sont rangés derrière la ligne défendue par Bruno Retailleau. Ce dernier a refusé toute participation, critiquant « les concessions exigées par la gauche » et dénonçant un renoncement au « sérieux budgétaire » et aux enjeux régaliens. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a abondé en ce sens, redoutant que le prochain gouvernement soit « contraint à tout abandonner ».

À l’inverse, une majorité de députés LR, confrontés à la menace d’une dissolution et à la montée du Rassemblement national dans leurs circonscriptions, s’étaient montrés favorables à une collaboration avec l’exécutif. Mais c’est finalement la ligne de Bruno Retailleau, validée par le bureau politique – une instance proche du président du parti Éric Ciotti – qui l’a emporté.

Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains, a précisé que le parti entendait pratiquer « un soutien exigeant » sans pour autant chercher à « faire tomber ce gouvernement ».

Horizons également sur la réserve

Autre pilier de la majorité présidentielle, le parti Horizons d’Édouard Philippe n’a pas non plus tranché sa position. Réuni le même jour, son bureau politique a exprimé une « très grande inquiétude » face à « la colère des Français » et aux « concessions exigées par la gauche ». Dans un communiqué, Horizons affirme vouloir continuer d’être « un facteur de stabilité », tout en se disant dans l’attente des annonces de Sébastien Lecornu.

Lecornu en quête d’un gouvernement « libre »

Pour Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon malgré les critiques, la tâche s’annonce difficile. À la recherche d’une nouvelle équipe, il tente de constituer un gouvernement « libre », composé de personnalités aux « sensibilités partisanes » mais « déconnectées des ambitions présidentielles pour 2027 ». Une exigence qui semble exclure des figures comme Gérald Darmanin, actuel garde des Sceaux, ou Bruno Retailleau.

« Je n’ai pas le sentiment qu’il y avait beaucoup de candidats, pour être complètement transparent », a-t-il ironisé lors de son déplacement au commissariat de l’Haÿ-les-Roses, samedi matin.

Cette nouvelle tentative intervient une semaine après l’échec cuisant de son premier gouvernement, tombé seulement 14 heures après sa nomination, notamment en raison du rejet de Retailleau, initialement nommé à l’Intérieur.

Le temps presse

Lecornu doit désormais présenter un gouvernement dans les prochains jours pour que le projet de loi de finances 2026 puisse être examiné dans les délais. La Constitution impose un délai de 70 jours, ce qui oblige l’exécutif à transmettre le texte au Parlement dès ce lundi 13 octobre, après son passage en Conseil des ministres.

Avec un soutien parlementaire incertain, des tensions au sein même de la majorité et la menace d’une motion de censure toujours présente, le Premier ministre reconduit joue une partie décisive pour la survie de son gouvernement.

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