Deux marches citoyennes arrivent à Bruxelles contre la directive Omnibus de l’UE

Ce mardi 23 septembre, deux marches citoyennes ont convergé vers Bruxelles, point d’arrivée symbolique pour protester contre le projet de loi européenne Omnibus. Parties de Maastricht (Pays-Bas) et de Roubaix (France), ces mobilisations visent à alerter les eurodéputés sur les dangers d’un affaiblissement du devoir de vigilance imposé aux entreprises.

La directive Omnibus, qui sera examinée au Parlement européen en octobre, prévoit une révision partielle de plusieurs règles adoptées récemment, notamment en matière de transparence et de responsabilité des entreprises vis-à-vis des droits humains et de l’environnement.

Des personnalités engagées contre un texte jugé régressif

Parmi les marcheurs, on retrouve :

  • Dominique Potier, député socialiste français
  • Pascal Durand, ancien eurodéputé
  • Julia Faure, co-présidente du Mouvement Impact France

Tous dénoncent un recul politique majeur. En ligne de mire : la directive européenne adoptée en 2024 sur le devoir de vigilance, qui impose aux grandes entreprises européennes d’éviter les violations des droits humains et les atteintes à l’environnement dans leurs chaînes d’approvisionnement.

« Ce texte rend enfin les entreprises responsables des drames dans leurs chaînes de production », rappelle Julia Faure. « Sans ce cadre, des produits comme le chocolat peuvent encore être liés au travail des enfants. »

Une menace pour le « made in Europe »

Pour Julia Faure, également cofondatrice de la marque de vêtements Loom, cette législation est aussi un levier de compétitivité durable :

« Le devoir de vigilance encourage à produire là où les normes sociales et environnementales sont les plus exigeantes. C’est une chance pour le made in France et le made in Europe. »

Or, la directive Omnibus, si elle est adoptée en l’état, réduirait considérablement le champ d’application de cette obligation : seules certaines grandes entreprises resteraient concernées, et la responsabilité pourrait se limiter aux fournisseurs directs, excluant les sous-traitants.

Une mobilisation pour une vision stratégique européenne

Les organisateurs souhaitent non seulement sensibiliser l’opinion publique mais aussi interpeller les eurodéputés. À Bruxelles, ils devaient rencontrer plusieurs élus pour discuter de l’impact de cette réforme.

« Ce texte est un contre-sens stratégique », alerte Julia Faure. « Sous l’influence de lobbies de multinationales, on est en train de saboter notre propre compétitivité, au détriment de la vision d’une Europe forte, durable et équitable. »

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